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“Stan Fisher serait un chef du FMI du tonnerre de Dieu”

Le gouverneur de la banque centrale israélienne Stanley Fischer, candidat surprise à la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), serait un patron du “tonnerre de Dieu” pour l’institution, a jugé lundi à Rome le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

“Stan Fischer serait un chef du FMI du tonnerre de Dieu”, a déclaré M. Netanyahu lors d’une conférence de presse commune avec le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

“Cela créerait un gros problème pour nous s’il était choisi car si cela arrivait, nous devrions commencer à chercher autour du monde” pour trouver un nouveau gouverneur de la banque centrale israélienne, a ajouté M. Netanyahu.

Le Premier ministre israélien a refusé de s’étendre sur les autres candidats à la direction générale du FMI – la Française Christine Lagarde et le Mexicain Agustin Carstens -, indiquant qu’ils étaient tous deux “très capables”.

Stanley Fischer a annoncé samedi soir sa candidature au poste de directeur général du FMI, ajoutant une incertitude à un processus qui semblait devoir déboucher sur la désignation de la Française Christine Lagarde qui reste favorite.

“Une opportunité unique, non planifiée et qui n’arrive qu’une fois dans la vie s’est présentée pour être candidat à la tête du Fonds monétaire international, et, après l’avoir examinée, j’ai décidé que je voulais la saisir”, a déclaré M. Fischer samedi dans un communiqué en annonçant sa candidature face à la ministre française de Finances Christine Lagarde et au gouverneur de la Banque du Mexique Agustin Carstens.

“Je pense que je peux apporter ma contribution au FMI et à l’économie mondiale dans cette période après la crise”, a-t-il ajouté.

Dans un premier temps, le ministre israélien des Finances Youval Steinitz a soutenu cette initiative. “Le poste de directeur du FMI va à M. Fischer comme un gant, en raison de son éducation et de l’énorme expérience qu’il a acquise au sein du FMI, de la Banque mondiale, que des six ans au cours desquels il est devenu un atout pour l’économie israélienne”, a affirmé M. Steinitz.

Mais le grand argentier a ensuite reconnu à la radio militaire que les chances de l’emporter de M. Fischer ne sont “pas énormes”.

“L’un des problèmes, c’est son âge. M. Fischer a 67 ans, c’est deux ans de plus que la limite imposée pour le poste”, a souligné M. Steinitz.

Mais, selon le ministre, le principal obstacle est la nature politique de cette élection.

“Le véritable problème c’est qu’il s’agit d’un choix politique. Si les critères n’étaient que professionnels, il serait difficile d’envisager un meilleur candidat que Stanley Fischer”, a expliqué le ministre.

M. Fischer dispose toutefois de quelques atouts sur ses rivaux. Il connaît du bout des doigts les rouages des organisations internationales de Washington. Il a occupé les fonctions de chef économiste de la Banque mondiale (de 1988 à 1990) et de numéro 2 du FMI (de 1994 à 2001).

Après son passage au FMI, il a également occupé d’éminentes positions au sein de la banque américaine Citigroup.

Né le 15 octobre 1943 en Rhodésie du Nord (devenue depuis la Zambie), Stanley Fischer a étudié en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, avant de prendre la nationalité américaine.

Il était ensuite devenu citoyen israélien en 2005 au titre de la Loi sur le retour qui permet à tout Juif de la diaspora d’obtenir la nationalité israélienne lorsqu’il immigre en Israël.

Il a été autorisé à conserver sa nationalité américaine à titre de privilège exceptionnel lorsqu’il a accédé la même année aux fonctions de gouverneur de la Banque d’Israël, selon un porte-parole de la Banque.

Il pourrait ainsi apparaître comme un sous-marin des Etats-Unis, alors que les Européens revendiquent traditionnellement le poste de directeur général du FMI.

Selon le site du quotidien économique Calcalist, M. Fischer jouerait la carte du candidat de compromis au cas où les 24 membres du conseil d’administration du Fonds n’arriveraient pas à se mettre d’accord sur un candidat.

Mme Lagarde et M. Carstens sont entrés en lice très tôt pour se disputer les voix des membres du conseil d’administration du Fonds. Le FMI s’est fixé pour objectif de désigner un nouveau dirigeant le 30 juin.

Mme Lagarde, qui mène depuis l’annonce de sa candidature une campagne dirigée vers les principaux pays émergents, s’est dite “très confiante” samedi au cours d’une brève escale en Arabie saoudite, après une visite en Chine.

Elle a obtenu dimanche le soutien de l’Indonésie, de l’Egypte et des Emirats arabes unis.

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