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Storify, « la machine à écrire du XXIe siècle »

Xavier Damman a cofondé une plateforme qui sépare le bon grain de l’ivraie des réseaux sociaux. Journaux et institutions comme Le Monde ou la Maison Blanche utilisent cet outil qui vient de remporter le prix d’innovation du journalisme.

Printemps arabe, catastrophe nucléaire de Fukushima, fusillade en Norvège… Les événements où les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook jouent un grand rôle pour suivre l’information en temps réel et au plus près sont de plus en plus nombreux. Encore faut-il savoir comment chercher dans ce flux continu d’informations, et surtout, en avoir le temps.

C’est là que Storify, plateforme lancée sur le web en septembre 2010, intervient. Xavier Damman, jeune Belge de 26 ans s’est dit : « Twitter est un outil génial mais trop compliqué, que ma maman ne va jamais utiliser ». Storify permet aux utilisateurs de créer des articles qui ne gardent que les pépites des réseaux sociaux, épurées de tout le « bruit qui parasite les bonnes informations, qui pour certaines méritent vraiment d’être connues du plus grand nombre ».

Son bébé vient de remporter le grand prix de l’innovation en journalisme, le Knight-Batten award, qui sera remis en septembre à Washington.  Il avait auparavant remporté, en mars, la prestigieuse compétition de start-ups South By Sout West, dans la catégorie « News related technologies ». Xavier Damman se dit « très content du prix », mais surtout « reconnaissant envers les utilisateurs : nous, on fournit la machine à écrire du XXIe siècle, mais cela ne suffit pas pour devenir Shakespeare. »

La plateforme, toujours en version beta, est actuellement surtout utilisée par des journalistes et des bloggueurs. Le New York Times, le New York Post, Al Jazeera, TV5 Monde, Libération et même la Maison Blanche utilisent Storify.

Xavier Damman a eu cette idée sur le vieux continent il y a deux ans, mais n’arrivait pas à y trouver de financement. « C’était le début des réseaux sociaux et les Belges et les Français financent des business models qui fonctionnent déjà. Pas les territoires à conquérir ». Il a alors décidé d’émigrer dans la Silicon Valley où il est  aujourd’hui « dans la moyenne d’âge» et où il a facilement trouvé des investisseurs, ainsi qu’un cofondateur, Burt Herman, journaliste à l’Associated Press.

Le Belge dont la ligne conductrice a toujours été de favoriser la liberté d’expression, en témoigne par exemple Tribal, média qu’il a créé en 1999, pour permettre aux jeunes de s’exprimer avant la naissance des blogs, a aujourd’hui réussi son pari.

Pour en savoir plus :

Accès à la plateforme ici.

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