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Sur le “conseil” de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth renonce à son poste de trésorier de l’UMP

Le ministre du Travail, Eric Woerth, au centre d’une polémique sur sa double casquette de ministre et trésorier de l’UMP dans le cadre de l’affaire Bettencourt, a suivi le “conseil” de Nicolas Sarkozy, mardi, en renonçant à gérer les comptes du parti présidentiel.

“Oui, je vais le faire, bien sûr”, a-t-il déclaré à sa sortie du Conseil des ministres, en confirmant l’abandon de son poste de trésorier qui prendra effet le 30 juillet. Car “le conseil du président vaut ordre”, a noté auprès de l’AFP un autre ministre. Il est en revanche maintenu au gouvernement, après quatre semaines de polémique alimentée par des soupçons de conflit d’intérêts alors qu’il a cumulé pendant trois ans le ministère des comptes publics et la gestion de ceux de l’UMP (2007-mars 2010).

“L’Inspection générale des Finances (IGF) a montré qu’il n’y avait eu aucun conflit d’intérêts entre mes fonctions de trésorier et de ministre du Budget. Néanmoins, ce cumul fait l’objet d’une polémique. J’en prends donc acte”, a déclaré M. Woerth. Vingt-quatre heures après la publication de ce rapport, Nicolas Sarkozy a repris à son compte, lundi, ses conclusions dédouanant Eric Woerth de toute intervention dans le dossier fiscal de la milliardaire Liliane Bettencourt, présentée par la presse comme une généreuse donatrice de l’UMP. Jugeant Eric Woerth “lavé de tout soupçon”, le chef de l’Etat a ajouté qu’il ne voyait “donc aucune raison” de s’en “séparer”.

Le Premier ministre, François Fillon, a quant à lui assuré mardi que “désormais les imprécateurs savent qu’ils ne gagneront pas”. L’exécutif et la majorité comptaient sur la sentence de l’IGF, chargée de l’enquête, pour éteindre l’incendie provoqué par ce qui est devenu l’affaire Bettencourt/Woerth. Dans l’opposition, si l’indépendance de Jean Bassères, le patron de l’IGF, classé à gauche, n’est pas remise en cause, l’utilité de son rapport a été relativisée, plusieurs ténors socialistes comme Laurent Fabius ayant souligné le nombre de questions restées en suspens et ne relevant pas de la compétence de cet organisme. L’association Transparence Internationale contestait l’objectivité du rapport avant même sa publication, relevant que l’IGF dépend de Bercy, et ne dispose “d’aucun des attributs d’une autorité d’enquête indépendante”.

Eric Woerth “se moque des Français” en démissionnant de son poste de trésorier de l’UMP “sans reconnaître le caractère inadmissible” du cumul, s’est indigné le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP). Aucun nom n’est avancé à ce stade pour succéder à M. Woerth qui occupait depuis 2002 ce poste que lui avait alors confié Alain Juppé. A l’UMP, on précise que “le prochain trésorier sera forcément un élu parce que cela a toujours été le cas”. “Par ailleurs, compte tenu de la récente polémique, on pourrait imaginer qu’il ne sera pas membre du gouvernement”, ajoute-t-on. M. Woerth, lui, a recommandé “quelqu’un de sérieux”, car “trésorier, ce n’est pas une carte de visite, c’est un vrai travail” consistant “essentiellement à contenir les dépenses”.

En 2008, le total des recettes de l’UMP s’élevait à 52,1 millions d’euros, dont 34,5 millions de dotations publiques, le reste étant réparti entre les dons de personnes physiques (7,4 millions), les adhésions (5,4 millions), les contributions des élus (1,7 million) et “autres recettes” (produits financiers, excédents des comptes de campagnes etc, soit 3 millions), selon la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements des partis.

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