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Surveillance: Manuel Valls demande “des explications” à Washington

Le ministre de l’Intérieur français Manuel Valls, qui a entamé jeudi un déplacement de trois jours aux Etats-Unis, a demandé des “explications” à ses homologues sur les programmes de surveillance des communications de leur administration, “mais pas sur un mode accusatoire”, a-t-il assuré.

Le ministre, dont c’est la première visite officielle aux Etats-Unis, a rencontré à Washington D.C. la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, le ministre de la Justice Eric Holder et le directeur du FBI Robert Mueller pour évoquer la situation en matière de terrorisme et de sécurité. Il s’est aussi entretenu avec la sénatrice démocrate Mary Landrieu, membre du Comité sur la sécurité intérieure.

“Je leur ai demandé un certain nombre d’explications”, a affirmé le ministre, interrogé par des journalistes français à propos des révélations des dernières semaines sur les programmes de surveillance d’internet et des communications téléphoniques menés par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) aux Etats-Unis et à l’étranger. “Je suis attentif aussi à préserver des relations de très grande qualité, et à discuter de ces questions-là, mais pas sur un mode accusatoire, parce que nous devons travailler ensemble”, a-t-il ajouté. Le “débat sur l’équilibre à trouver entre la lutte contre le terrorisme, les moyens de la grande criminalité, les moyens qu’on se donne pour surveiller et anticiper les actes terroristes et les libertés et la vie privée n’est pas nouveau et ne va cesser de s’accentuer dans les années qui viennent”, a-t-il ajouté.

La France cherche à obtenir de plus amples informations sur le programme baptisé PRISM depuis la publication des articles du Guardian et du Washington Post. Dans un communiqué datant du 6 juin, James Clapper, directeur du renseignement intérieur (DNI), a reconnu que la collecte de communications se fait conformément à la section 702 du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA), qui vise à “faciliter l’acquisition d’informations de surveillance étrangères concernant des personnes non-américaines situées à l’extérieur des Etats-Unis”. Les Etats-Unis peuvent obtenir, de la part des entreprises qui fournissent des services en ligne, des informations sur des internautes français dans l’Hexagone ou à l’étranger.

Coopération franco-américaine en matière de renseignement

“Comme nous partageons les mêmes valeurs et les mêmes préoccupations, nous échangeons beaucoup d’informations. Nous comparons aussi avec ce qui s’est passé” à Boston, a poursuivi Manuel Valls lors de sa conférence de presse, évoquant l’attentat du 15 avril, qui a fait 3 morts. Le parcours des frères Tsarnaev, dont l’un a été formellement accusé d’avoir perpétré l’attentat avec son frère décédé, “ressemble à celui d’individus ayant commis des attentats en France ou en Europe. Nous devons partager les mêmes analyses et trouver les mêmes moyens pour combattre ces processus de radicalisation”, a-t-il jugé. “Nous avons besoin les uns des autres”, a-t-il résumé.

Un rapport de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale du 6 juillet 2004 avait conclu que la coopération entre les services français et américains permettait d’échanger de plus en plus d’informations. Selon les rapporteurs, les Etats-Unis “ont des capacités en matière de renseignement technique qui sont sans commune mesure avec celles des Européens. Le partage des renseignements “captés” par les capacités techniques américaines n’est pas complet, mais il semble très satisfaisant. Il y a en quelque sorte un “échange de bons procédés” entre des services américains, immensément riches mais qui ont longtemps sous-estimés la menace islamiste et des services européens, dont en premier lieu les services français, qui disposent de beaucoup moins de moyens, mais qui récoltent un renseignement, notamment d’origine humaine, dont la qualité est reconnue.” Selon Jean-Luc Marret, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, “en termes de capacités d’écoute entre la France et les Etats-Unis, on est dans une échelle de 1 à 50, voire de 1 à 100. Je crois donc que la France reste modeste, à sa place.”

Le ministre de l’Intérieur, qui rencontrait jeudi soir la communauté française à l’ambassade de France, devait se rendre ensuite vendredi et samedi à New York pour des discussions avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Il doit aussi s’entretenir avec des responsables de la communauté juive de la ville, avec Raymond Kelly qui dirige le New York City Police Department (NYPD), ainsi qu’avec Salvatore Cassano, chef des pompiers de New York.

Dépôt de gerbe au mémorial du 11-Septembre à New York

Le ministre français de l’Intérieur Manuel Valls s’est recueilli samedi au mémorial du 11-Septembre à New York, au dernier jour d’un voyage de trois jours aux Etats-Unis. Le ministre a visité le parc en plein air situé là où se dressaient les tours jumelles du World Trade Center dans le sud de Manhattan, et y a déposé une gerbe. Il s’est arrêté devant les noms gravés des trois Français décédés dans les attentats commis par Al-Qaïda le 11 septembre 2001.

M. Valls a aussi visité la nouvelle tour en construction sur le site, la 1WTC. Il s’est à cette occasion vu offrir un casque des pompiers de New York par le chef des pompiers de la ville, Salvatore Cassano, avec inscrits dessus le chiffre 343 – le nombre de pompiers morts dans les attentats – et la date du 11 septembre. Le ministre lui a remis en échange un casque de pompier français.

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