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Sylvie Vartan et l’Amérique des sixties

« La plus belle pour aller danser », « Da doo ron ron », « Je me détacherai ». Icône pop des 60’s, voix rock des années yéyé, Sylvie Vartan partage sa vie entre Paris et Los Angeles. Entretien, à l’occasion de sa tournée américaine et de son premier concert new-yorkais le 27 juillet.

France-Amérique : Paris, Montréal, New York. Après 50 ans de carrière, vous êtes de nouveau sur la route !

Sylvie Vartan : Oui, toujours sur la route… Depuis mes sept ans, j’ai un sac ou des valises qui me suivent. Je suis une « rolling stone ». Dans ma jeunesse, j’ai connu l’exil de Bulgarie à la France. Et puis les voyages, les tournées, les tournages. Ma vie d’artiste a été un tourbillon de concerts et d’aventures. Aux Etats-Unis, j’ai déjà chanté à Las Vegas, Atlantic City et Los Angeles. Mais ce sera la toute première fois à New York.

Qu’avez-vous appris de cette ville ?

Sylvie Vartan : New York m’a fait découvrir l’Amérique dans les années 60. J’y ai surtout appris à danser. Les claquettes, le rock en passant par le blues. Je suivais les cours d’un certain Jojo Smith [le professeur de danse de Barbra Streisand, ndlr] qui avait son studio de danse sur Broadway. Il pratiquait les shows « à l’américaine ». Ça ne se faisait pas du tout en France, ou seule la sacro-sainte danse classique ou le style classique-moderne était appréciés.

Avec Walter Painter, votre chorégraphe américain, vous avez révolutionné la mise en scène.

Sylvie Vartan : Aux Etats-Unis, j’avais appris à danser sur de nouvelles musiques, avec des mouvements et des musiques pop-rock très modernes. Les Français ignoraient superbement cette culture. Moi, j’étais très excitée par tout ça. J’ai récemment  retrouvé dans mes archives un ballet chorégraphié dans les années 60 sur un morceau qui est déjà un genre de hip-hop. L’Amérique était tellement en avance sur son temps ! Ce morceau n’a pas pris une ride.

Vous partagez aujourd’hui votre temps entre Paris et Los Angeles.

Sylvie Vartan : En France, il n’y avait personne capable de danser sur ces musiques. J’ai dû attendre les années 1980/90 pour trouver des Français avec ces capacités. Tous mes chorégraphes se trouvaient à Los Angeles où vit aujourd’hui mon mari [le producteur américain Tony Scotti, ndlr]. L.A. et New York sont deux villes diamétralement opposées. Le L.A. des années 60 était vraiment horizontal. Il n’y avait rien, pas un chat. Je détestais Los Angeles, par contraste avec New York où j’avais passé un an. Je ne rêvais que de New York…

Vous y revenez de temps en temps ?

Sylvie Vartan : Je n’ai plus beaucoup de temps pour m’y arrêter. Le décalage horaire L.A.-Paris est tellement brutal que ca me coupe l’envie de faire escale ailleurs. Mais cette ville m’appelle toujours. A New York, on ne peut pas rester tranquille. On a toujours l’impression de rater quelque chose là-bas. Il faut être ici et là à la fois. C’est dopant et extrêmement excitant.

Le titre ‘La plus belle pour aller danser’ a été enregistré à Nashville avec les choristes d’Elvis Presley. Que représente cette ville en termes affectifs ?

Sylvie Vartan : Nashville, c’est une Amérique radicalement différente. J’y ai enregistré les titres pour un album sorti aux Etats-Unis, A gift wrapped from Paris. Un beau succès, sans parler de ‘La plus belle pour aller danser’ qui est devenu un tube international ! On n’enregistrait pas de la même manière à l’époque. Il y avait de grands studios et de très grands musiciens qui ont chanté comme choristes sur mon disque. Moi, petite Française, j’étais complètement fascinée.

Vous êtes fan d’Elvis Presley. Vos idoles étaient-elles toutes américaines ?

Sylvie Vartan : Oui. C’est seulement à l’aube de l’an 2000, lorsque j’ai voulu rendre hommage à l’Olympia aux chansons que ma mère écoutait, que je me suis penchée sur le répertoire français. A 16 ans, j’étais bien trop accaparée par le jazz et le rock. Mes parents écoutaient de la chanson française typique : Aznavour, Ferré, Bécaud. Mais à l’époque, je ne prêtais aucune attention à ces chansons. J’ai découvert cet énorme patrimoine de chansons merveilleuses sur le tard.

Dans les années 70-80, vous avez enregistré des titres country, un genre musical souvent sous-évalué, comme la variété française.

Sylvie Vartan : J’aime beaucoup la country. J’ai fait quelques morceaux avec Michel Mallory. Il y a toujours des mélodies, un rythme, des paroles sensibles. Ce sont des airs que l’on retient. J’aime beaucoup ce style… Avec le temps qui passe et le vécu, on a une autre écoute. On devient plus sensible. Les chansons de variété de l’époque me paraissent aujourd’hui très poétiques, avec un côté ingénu. Elles sont très pures, très fraiches. On manque cruellement de fraîcheur dans le monde actuel…

Comment fabrique-t-on un tube comme ‘La plus belle pour aller danser’ ?

Sylvie Vartan : C’est une alchimie entre une mélodie, ce que racontent les paroles, une voix, l’arrangement. C’est un puzzle. Si j’avais la recette, je ne ferais que des tubes. Ce grand succès a été écrit pas Aznavour qui doit connaitre en partie la formule (Rires). Aujourd’hui, je chante ‘La plus belle pour aller danser’ avec un certain sourire, parce que c’est charmant. Mais j’y mets la distance que je n’avais pas à dix-sept ans…

Quels grands tubes allez-vous interpréter sur scène ?

Sylvie Vartan : Je n’ai pas encore totalement défini mon tour de chant. Je vais sélectionner les titres qui ont une résonance particulière pour le public américain. Et mon dernier album, Soleil Bleu. Je vais aussi chanter en anglais. Peut-être faire un medley avec des chansons américaines et des adaptations françaises. J’ai toujours chanté en anglais et en français, dès le début. J’ai aussi fait des albums entièrement en anglais. Donc ce n’est pas un problème pour moi de faire les deux.

Avec votre expérience, vous n’avez plus le trac avant de monter sur scène ?

Sylvie Vartan : Oh si, mon dieu ! Je me consume de peur avant chaque concert. L’autre jour, je n’avais qu’une seule chanson à interpréter dans le cadre d’une fête nationale bulgare, dans la cathédrale des Invalides. Ce jour-là, je me suis dit que j’allais arrêter de chanter uniquement pour ne plus avoir peur. C’est inhumain ! Et complètement irrationnel. Mais je ne suis jamais parvenue à apprivoiser le trac. A New York, j’irai voir quelques comédies musicales sur Broadway pour me détendre !

Infos pratiques:

Concert de Sylvie Vartan le 25 juillet à l’Olympia de Montréal et le vendredi 27 juillet 2011 au Town Hall de New York.

Olympia de Montréal, le 25/07/2011

1004 Ste-Catherine Est

Montréal, Québec, H2L 2G2

Feinstein’s Ballroom de New York, le 26/07/2011 et le 27/07/2011

540 Park Avenue at 61st Street

Site officiel : www.sylvie-vartan.com/



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