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Takieddine dénonce “un complot” de Villepin contre Sarkozy

L’intermédiaire en armement Ziad Takieddine, entendu mercredi par le juge Renaud van Ruymbeke sur son action dans un contrat avec l’Arabie saoudite, a dénoncé jeudi, sans apporter de preuves, “un complot” contre Nicolas Sarkozy dans ce dossier et mis nommément en cause Dominique de Villepin.

“C’est un contre-feu en forme de poudre aux yeux. Quand on est comme lui dans la nasse judiciaire jusqu’au cou, on essaie de faire diversion”, a réagi auprès de l’AFP Me Olivier d’Antin, avocat de M. de Villepin. M. Takieddine a été mis en examen en septembre pour des malversations présumées dans le cadre des contrats Sawari II (vente de frégates à l’Arabie saoudite) et Agosta (portant sur des sous-marins vendus au Pakistan), sur fond de soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. “Ce complot, il est contre le président de la République”, ourdi par “les mêmes acteurs de Clearstream”, a affirmé à Europe 1, M. Takieddine. “Moi je nomme, je nomme aujourd’hui: celui qui doit répondre de ses actes sur l’ensemble du dossier depuis 1996 à aujourd’hui, il s’appelle Dominique de Villepin”, a-t-il soutenu, sans apporter de preuves. En 1996, M. de Villepin était secrétaire-général de l’Elysée sous la présidence de Jacques Chirac.

M. de Villepin a bénéficié le 14 septembre d’une relaxe en appel dans l’affaire de dénonciation calomnieuse, dite Clearstream. Commentant cette décision, il avait dit son souhait que “cela puisse servir de leçon pour la présidentielle de 2012!” Rival à droite de Nicolas Sarkozy, il venait d’être mis en cause, dans un autre dossier, par l’avocat Robert Bourgi qui avait affirmé lui avoir remis des mallettes de fonds destinés à un financement politique occulte. M. de Villepin a annoncé une plainte contre M. Bourgi.

 

Crédibilité “plus bas que terre”

Cette fois, c’est un autre intermédiaire, présenté comme ayant gravité dans l’entourage de M. Sarkozy, qui le met en cause. “Je suis le premier qui va dénoncer ce complot et qui va le prouver point par point à l’opinion publique française”, a affirmé M. Takieddine. “Et je la maintiens, cette accusation, sur la base d’éléments que j’ai.” Interrogé sur ces éléments, il a répondu: “Je ne peux pas vous dire, je le dirai à la justice.”

Mais M. de Villepin “aura en face de lui quelqu’un qui aura les faits”, a assuré celui qui comparaîtra en juin 2012 pour avoir déjà mis en cause l’ancien Premier ministre, mais aussi M. Chirac, dans un entretien au Journal du Dimanche. M. Takieddine s’est une nouvelle fois défendu d’avoir versé des rétrocommissions, et notamment à Nicolas Bazire, l’ancien directeur de campagne d’Edouard Balladur, également mis en examen: “Jamais, jamais!”

“Tout ce que je peux dire aujourd’hui, c’est que lorsque je raconte au juge ce que j’ai fait, avec tous les détails, j’ai le sentiment qu’il me croit”, a affirmé l’homme d’affaires franco-libanais. “Je ne balance personne. Tout ce que je veux dire, c’est la vérité sur les faits. Pour dire la vérité, je dois être un homme crédible”, a-t-il expliqué, reconnaissant que sa crédibilité était “plus bas que terre”. “On m’a lynché pendant neuf mois sur des faits qui ne sont pas vrais. Et là, je vais raconter la vérité. Et ça n’intéresse personne, cette vérité, elle n’intéresse pas ceux qui sont les vrais acteurs de ce crime qui a été commis au Pakistan”, l’attentat qui a coûté la vie à onze ouvriers français en mai 2002.

La justice cherche à établir si cet attentat n’a pas été commis en représailles à l’arrêt du versement de commissions.

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