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Tampa : un Français au pays de Romneyville

A l’heure où les républicains sont réunis à Tampa en Floride pour consacrer leur candidat à la présidentielle, un camp de protestataires s’est installé aux abords de la convention du GOP. Quelques dizaines de révolutionnaires, proches du mouvement de contestation Occupy, y dénonçent les abus du capitalisme financier. Parmi eux se trouve Geff Strik, un artiste-peintre français venu soutenir un ami activiste.

A l’ouverture de la convention, le centre-ville de Tampa est vide, les magasins fermés, et la police patrouille à pied, à vélo, et à cheval. Situé au cœur de la “Green zone”, périmètre où les déplacements sont limités et de nombreux objets interdits, les tentes du petit camp de Romneyville résistent tant bien que mal à la pluie et au vent de la tempête Isaac. Le camp doit son nom à Hooverville, ces bidonvilles construits par les sans-abris pendant la Grande Dépression sous la présidence d’Herbert Hoover.

Le camp étant situé sur une propriété privée, les manifestants ne peuvent pas en être expulsé, ils sont dans leur “safe-zone”. Geff Strik, nom d’emprunt d’un artiste français, déplore cette récente militarisation de Tampa.”La liberté d’expression aux Etats-Unis n’est plus ce qu’elle était”, dit-il.

“Free-speech artist”

Originaire du centre de la France, Geff Strik, 50 ans, vit aux Etats-Unis depuis 14 ans. Après un passage aux Beaux-Arts de Dijon en 1981 et une carrière de cadre, il s’expatrie à New York en 1998. “Je me sentais plus en liberté aux Etats-Unis.” Fin 2011, il ouvre sa galerie d’art, 1000 Central, et y expose ses portraits peints à partir de photos. Il puise notamment son inspiration dans les manifestations et peint des personnalités radicales de gauche comme de droite. “Mon œil d’artiste me permet d’avoir accès aux différentes manifestations politiques.”

Aujourd’hui installé à St Petersburg, en Floride, il a fait le déplacement à Tampa pour soutenir son ami, John Penley, figure centrale du camp et activiste présent dès le début d’Occupy Wall Street. Comme les manifestants de Romneyville, Geff Strik campe sur un terrain proche du pont de Kay Street, loué par le Révérend Bruce Wright, un défenseur des droits des sans-logis à St Petersburg.

Selon Geff, Romneyville est un mouvement issu d’Occupy Tampa, créé en réaction à la récupération politique du mouvement par le Parti démocrate. “Le système de consensus à Occupy ralentit le processus de prise de décision et comme il n’y a pas de leader, ça n’avance pas”, déclare Geff Strik. Le camp regroupe une coalition de gens de gauche, de défenseurs de la paix, de l’environnement et des droits humains. Pour s’y installer, il faut signer un règlement interdisant l’alcool et la violence, entre autres.

Si Geff ne partage pas les idées communistes et anarchistes de certains campeurs de Romneyville, il revendique en bon Français le respect des libertés fondamentales. Se définissant comme un “free-speech artist”, il attribue son activisme et son engagement à son héritage culturel. “En France, les manifestants sont mieux organisés qu’aux Etats-Unis où les associations ne bénéficient d’aucune aide sociale. La plupart survit de donations de multi-milliardaires de gauche et d’extrême gauche voulant déstabiliser l’ordre politique, comme George Soros”, clame-t-il.

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