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Tariq Ramadan en tournée américaine

Après six ans d’interdiction de territoire, l’intellectuel musulman Tariq Ramadan est de retour aux États-Unis où il effectue une tournée de conférences, débutée hier soir avec une table ronde autour de l’islam à New York. Il se rendra à Chicago samedi et à Detroit dimanche, avant de rencontrer des représentants au Congrès lundi à Washington.

Apôtre de l’islam modéré pour les uns, djihadiste masqué pour les autres, le Suisse Tariq Ramadan est un personnage controversé. Interdit de séjour depuis six ans, le militant musulman a fait son grand retour sur la scène médiatique américaine hier soir, à l’occasion d’une table ronde sur le thème « Sécularisme, Islam et démocratie : les Musulmans en Europe et dans le monde occidental ».

L’évènement était organisé par l’Union Cooper, un établissement d’enseignement supérieur situé dans le quartier de Lower Manhattan et des associations comme l’Association Américaine des Professeurs d’Université, l’Organisation Américaine pour les Libertés Civiles (ACLU), le PEN club américain et le web magazine américain Slate. L’écrivain Ian Buruma, le directeur du centre Gallup d’études musulmanes Dalia Mogahed, l’historienne américaine Joan Wallach Scott et le rédacteur en chef du groupe Slate, Jacob Weisberg étaient présents.

Le retour en terre américaine de l’auteur du livre Les musulmans d’Occident et L’avenir de l’Islam a été vivement soutenu par l’Union américaine des libertés civiles (ACLU), coordinatrice de l’évènement, qui avait combattu l’interdiction de visa de Tariq Ramadan devant la justice. « J’espère me rendre bientôt aux États-Unis pour pouvoir à nouveau engager un dialogue ouvert, critique et constructif avec des universitaires américains et des intellectuels », avait déclaré Tariq Ramadan à l’époque.

Levée d’interdiction de visa

Tariq Ramadan enseigne actuellement à l’université d’Oxford en Grande-Bretagne. Il devait prendre en 2004 un poste à l’université de Notre-Dame dans l’Indiana, lorsqu’il s’était vu refuser un visa, en dépit de dizaines de voyages antérieurs aux États-Unis.

Initialement motivé par une « clause idéologique » de la législation antiterroriste Patriot Act, le refus de visa de M. Ramadan avait ensuite été expliqué par le fait que ce dernier avait donné 1 300 dollars à une organisation caritative suisse, l’Association de Secours Palestinien (ASP). Cette association avait fourni des financements au Hamas, considéré par Washington comme une organisation terroriste.

Le chercheur avait lui-même écrit dans sa demande de visa avoir donné ces fonds et n’avait aucune idée des liens de l’ASP avec le Hamas. En outre, cette donation était antérieure à 2003, année où le groupe avait depuis été inscrit sur la liste noire américaine.

Le département d’État américain avait annoncé mercredi 20 janvier 2010 avoir levé l’interdiction de visa pesant sur Tariq Ramadan, empêché de prendre un poste universitaire aux États-Unis sous l’ère Bush. Lors d’un point de presse, le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, avait néanmoins estimé que M. Ramadan ne faisait pas peser de menace sur la sécurité des États-Unis.

« Conformément à politique de la main tendue du président Barack Obama en direction des musulmans du monde entier, nous souhaitons encourager un débat mondial, » a observé M. Crowley. « Nous voulons avoir la possibilité de recevoir des universitaires musulmans pour un dialogue avec d’autres religions et d’autres gens ici même, dans notre pays », avait-il fait valoir.

L’ACLU s’était félicitée de la décision de Washington, qui survient six mois après un jugement d’une cour d’appel fédérale donnant tort à l’administration dans cette affaire. La décision du département d’État « montre que l’administration Obama s’engage à faciliter l’échange d’idées par-delà les frontières », avait estimé l’association de défense des droits de l’homme.

L’arrivée jeudi 8 avril sur le sol américain marque le début d’une série d’apparitions publiques sur le continent américain pour Tariq Ramadan. Après Chicago, Detroit et Washington, le spécialiste de l’islam devrait se rendre au Canada ce mois-ci. Il y sera attendu à Montréal et à Ottawa, est-t-il indiqué sur son site internet officiel.

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