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Témoignage de Laurent Dedenis, coureur français au marathon de Boston

Laurent Dedenis, un Français de 43 ans habitant Boston, était à 800 mètres de l’arrivée du marathon de Boston lorsque la première bombe a explosé ce lundi. Témoignage.

Après plus de 41 kilomètres de course, Laurent Dedenis jette ses derniers efforts sur Commonwealth Avenue, avec la ligne d’arrivée en ligne de mire. C’est à ce moment que la première détonation retentit. “Avec la fatigue et le bruit du public, j’ai entendu un éclatement mais rien d’énorme. Et puis, tout de suite la police a arrêté la course et on ne pouvait plus bouger”. Lorsque la deuxième bombe explose, Laurent Dedenis est toujours bloqué au même endroit, avec 6 000 coureurs derrière lui, tous en attente. “A ce moment-là, on ne savait pas du tout ce qui se passait. Et puis on a vu arriver des dizaines et des dizaines de voitures de police, de pompiers et du FBI. C’était un développement de force incroyable. En à peine 20 minutes, les forces de l’ordre avaient construit un village avec des tentes.”

Comprenant la gravité de la situation, Laurent Dedenis emprunte un téléphone à un passant pour prendre des nouvelles de sa femme et de sa fille, qui se trouvaient dans le public. Après plusieurs essais, un SMS de sa femme lui parvient lui annonçant que tout le monde va bien. Sa femme et sa fille se trouvaient dans le public, dans la zone où les bombes ont explosé, mais n’ont pas été touchées physiquement.

“Après être restés statiques une demi-heure, tous les coureurs commençaient à avoir très froid. Du coup, j’ai commencé à marcher avec les autres dans le sens inverse du parcours pour me diriger vers le centre-ville après avoir donné rendez-vous à ma femme dans un hôtel près du quartier de Chinatown. Je ne pouvais venir en aide à personne car j’étais trop loin de la scène et la rue était bloquée”.

Ce n’est que deux heures et demie plus tard que Laurent Dedonis a pu retrouver sain et sauf sa famille. Pendant sa longue marche, Laurent Dedonis croise de nombreux coureurs et spectateurs abasourdis et choqués. Aujourd’hui, c’est la tristesse mais aussi l’incompréhension qui dominent chez Laurent : “Pourquoi Boston ? Pourquoi le marathon ? Le gouverneur et le maire de Boston n’étaient déjà plus sur la ligne d’arrivée lorsque les bombes ont explosé. Personne autour de moi ne comprend pourquoi la ville a été attaquée ainsi.”

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