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The Artist, un film événement

The Artist est un film hommage muet en noir et blanc du Français Michel Hazanavicius au cinéma hollywoodien des années 1920. Un pari fou mais réussi, à l’époque de la 3D. En salles américaines le 25 novembre.

On ne sait plus ce que l’on doit louer dans The Artist. L’ingéniosité du récit mêlant l’amour d’une belle à la chute d’une star d’Hollywood, la fascinante reconstitution d’époque des années 20 ou le jeu visuel de Jean Dujardin. L’acteur campe dans le film une bouleversante star déchue du muet que sa compagne, Peppy Miller, tente de sauver malgré lui. « Le film revisite la romance tragique de Greta Garbo avec John Gilbert », explique le réalisateur Michel Hazanavicius.

Chef-d’œuvre moderne, ce film aux références nombreuses convoque d’autres fantômes des légendes du 7e art américain : Hitchcock, Charlie Chaplin ou Harold Lloyd. « La scène dans laquelle Valentin brûle ses films est un clin d’œil direct à Buster Keaton et à Méliès qui ont tous deux mis le feu à leurs propres bobines. On trouve aussi des échos de Douglas Fairbanks en Valentin ou de Gloria Swanson en Peppy », poursuit le cinéaste.

Entre deux scènes de danse, Michel Hazanavicius se plait à montrer l’envers du décor de l’usine à rêves hollywoodienne. Ses personnages évoluent dans une réalité de carton-pâte, entre les décors de plateau de tournages et leurs palaces à la patine rétro. En particulier Valentin, l’icône déchue, qui s’accroche à ses rêves de films d’aventures peuplés de crocodiles grotesques et de sables mouvants.

« Dans le film, Jean Dujardin apparaît soudain comme un dinosaure incapable de s’adapter à son époque, poursuit le réalisateur. Depuis l’âge industriel, notre société est dépassée par la technologie. Un ouvrier d’usine remplacé par une machine connaît des bouleversements comparables à ceux qu’avait provoqués la venue du parlant pour les cinéastes du muet. »

Un hommage au cinéma américain

Plus légères, les scènes avec la sublime Bérénice Béjo enchantent le spectateur, tout comme les astuces de narration visuelle qui donnent parfois lieu à de petites scènes surréalistes et poétiques. Mais la plus belle scène demeure peut-être le magistral numéro de claquettes final de Bérénice Béjo et Jean Dujardin. L’acteur n’a pas volé son Prix d’interprétation cannois. Ni le chien du film sa palm dog pour ses prouesses acrobatiques et la bonne humeur qu’il apporte à l’écran.

« L’idée n’était pas de réaliser un film avant-gardiste ou intellectualisant mais de faire sortir le film muet du ghetto expérimental pour en faire un film spectacle, populaire et grand-public », insiste Michel Hazanavicius. Séduit, l’américain Thomas Langmann a accepté de coproduire ce projet dingue dont il est tombé amoureux, et de trouver les partenaires pour réunir, avec les difficultés qu’on imagine, les 9 millions d’euros du budget.

Si l’on ajoute les comédiens américains – James Cromwell, John Goodman, et l’anglais Malcolm McDowell, la musique d’inspiration jazz et be-bop, l’hommage appuyé au film Chantons sous la Pluie de Stanley Donen et Gene Kelly et à l’immense Boulevard du Crépuscule de Billy Wilder et les lieux du tournage dans les mythiques locaux de Charlie Chaplin, on comprend à quel point l’essence de ce film est américaine.« Ce film est un pur mélodrame américain traité à la française. » Et une déclaration d’amour au cinéma américain.

Infos pratiques :

The Artist (2011) de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin (George Valentin), Bérénice Bejo (Peppy Miller), John Goodman (Al Zimmer) et James Cromwell (Clifton). Durée : 1h40. Date de sortie : le 23 novembre aux États-Unis.

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