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Thierry Maxime-Loriot : « Gaultier est quelqu’un de très généreux et ouvert »

Installée sur une superficie de près de 1300 mètres carrés au Musée des Beaux-Arts de Montréal, l’exposition La planète mode de Jean Paul Gaultier, de la rue aux étoiles est la première rétrospective sur le travail et la vie du designer français. Avant de venir la présenter au Dallas Museum of Art, Thierry Maxime-Loriot, le commissaire, explique quel a été son travail pour mettre en valeur les créations du maître.

Quel était le but de cette rétrospective ?

Rétrospective, c’est justement le mot à ne pas employer avec Jean Paul Gaultier. Il a toujours refuser que l’on fasse une rétrospective sur lui, en disant : «  Je suis trop jeune, je viens d‘avoir 59 ans. » Et surtout, comment parler de rétrospective si on regarde ses récentes collaborations avec Beyonce ou Lady Gaga, jeune pop stars qui pourraient être considérées comme les filles de Madonna. Les meilleures années de Gaultier sont à venir.

Comment avec-vous travaillé avec Jean Paul Gaultier sur cette exposition ?

Gaultier est quelqu’un de très généreux et ouvert. Il m’a donné les clés de sa maison de couture et un accès illimités aux archives. J’ai fouillé, cherché, je connaissais son travail, mais maintenant, je peux dire que je le connais encore mieux. En tant que commissaire de l’exposition, j’étais un peu comme un troisième œil extérieur à la maison de couture, car les gens qui travaillent avec Jean Paul Gaultier sont un peu comme une famille, très proche de lui.

La mode est un art vivant, et on ne voit que très rarement des podiums dans les musées. Comment avez-vous réussi à ne pas être statique ?

Toute est dans la sérigraphie. Gaultier a un côté surprenant, décalé, mais jamais vulgaire. L’exposition n’a donc pas une approche classique et est très vivante. L’installation est très contemporaine, en fonction des passions et des thèmes qui reviennent régulièrement dans les collections de prêt-à-porter de Jean-Paul Gaultier. Nous avons également travaillé avec une compagnie québécoise pour tout ce qui concerne les poses des mannequins les couleurs de peau, très importantes chez Gaultier. Il y a des pièces que l’on a pouvoir quelques minutes dans les défilés, alors qu’elles ont nécessité plus de 1300 heures de travail. C’est une chance unique de pouvoir les observer en vrai et non pas derrière une vitrine.

Selon vous, les créations de designer encore vivants, tels que Gaultier, ont donc leur place dans un musée…

Bien sûr. Il ne faut pas attendre que les gens ne soient plus là pour dire combien leur travail est important. Gaultier a inspiré tellement de gens. Tom Ford, par exemple, a commencé à faire de la mode grâce à lui. Il a été l’élément déclencheur pour beaucoup et il faut célébrer cette créativité. Le message social dans le travail de Gaultier est également très fort, notamment par apport à la sexualité, au mélange des genres et à la culture. C’est là raison pour laquelle son œuvre a sa place et doit être vu dans un musée des Beaux-Arts, autre que pour la virtuosité technique.

Après Dallas, où pourra-t-on admirer La planète mode de Jean Paul Gaultier, de la rue aux étoiles ?

Cette exposition est financée à 100% par le Musée des Beaux-Arts de Montréal, et après Dallas, on la retrouvera à San Francisco, Madrid puis Rotterdam. Idéalement, on espère que l’exposition ira jusqu’en France. Jean Paul Gaultier est un trésor national pour la France, un créateur vivant de la haute-couture dont l’expérience est riche et vaste. Il est dans une catégorie à part, mais d’être célébré chez lui, il est d’abord célébré ailleurs.

Pour en savoir plus:

La planète mode de Jean Paul Gaultier, de la rue aux étoiles, à voir aux Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 2 octobre 2011.

En l’absence d’ouvrage rétrospectif analysant la carrière de Jean Paul Gaultier, un catalogue a été réalisé par Thierry Maxime-Loriot. Actuellement exclusivement vendu au Musée des Beaux-Arts de Montréal, au prix de 84,95 dollars, il sera distribué à l’échelle internationale en septembre 2011.

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