Subscribe

Tintin au pays de Spielberg

Steven Spielberg prépare pour 2011 une adaptation pour grand écran d’une aventure de Tintin, Le secret de la Licorne, avec le comédien britannique Jamie Bell dans le rôle principal, et un petit rôle à noter pour le Franco-Marocain Gad Elmaleh.

Avec l’accord de Fanny Rodwell, la veuve du dessinateur Hergé, le cinéaste américain Steven Spielberg prévoit de tourner une trilogie de films d’animation dont le premier devrait sortir en 2011. Paramount Pictures et Sony Pictures viennent de révéler les détails de The Adventures of Tintin: Secret of the Unicorn, premier volet de la trilogie qui sera tournée en « 3D Motion Capture », un procédé de capture du mouvement en temps réel. Le jeune acteur anglais Jamie Bell (découvert dans Billy Elliot), a été choisi pour incarner le héros, alors que Daniel Craig troquera son costume d’agent 007 pour celui de Rackham Le Rouge. Ils donneront la réplique à Andy Serkis (le Capitaine Haddock), Simon Pegg et Nick Frost (les Dupont et Dupond), Toby Jones (Tournesol) et le Français Gad Elmaleh, dans un rôle non précisé.

Un événement qui pourrait donner au globe-trotter emblématique de la BD européenne, mais peu connu aux États-Unis, la dimension planétaire qui lui manque encore. Et ce, même si Tintin, accompagné de son fox terrier blanc Milou, a déjà, au travers de ses aventures, voyagé sur tous les continents.

C’est le 10 janvier 1929 que le plus illustre personnage de la bande dessinée belge fit son apparition – en route pour l’URSS, au pied d’un wagon en partance pour Berlin, sa première étape – dans Le petit Vingtième, supplément hebdomadaire d’un quotidien ultra catholique bruxellois, Le Vingtième Siècle.
Depuis, les 24 albums de ses aventures traduits dans 50 langues se sont vendus à plus de 200 millions d’exemplaires et continuent de passionner chaque année des centaines de milliers de nouveaux lecteurs, comme si le temps n’avait pas de prise sur lui. Une longue carrière que la mort en 1983 de son créateur, Georges Rémi, alias Hergé, n’a pas compromise, bien que ses héritiers aient refusé que le personnage soit repris par d’autres, comme l’ont été diverses gloires de la BD, Spirou et Lucky Luke.

Le personnage et son créateur font l’objet d’accusations nombreuses : anticommunisme primaire (Tintin au pays des Soviets), paternalisme colonial (Tintin au Congo) antisémitisme (L’Étoile mystérieuse), sexisme voire misogynie. Ce dossier à charge a été décortiqué récemment par le très sérieux hebdomadaire britannique The Economist. Le magazine explique en quoi Tintin était un « héros très européen » – comprenons « continental » – loin du politiquement correct d’aujourd’hui, ne prétendant pas changer l’avenir de l’humanité, à la différence des héros anglo-saxons typiques. Une difficulté que Spielberg, associé à Peter Jackson, devra surmonter dans son film.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related