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Tony Parker, un bleu au Texas

A 31 ans, la superstar des San Antonio Spurs Tony Parker est au sommet de son sport. Arrivé très jeune dans le Texas pour vivre son rêve américain, il est devenu, après onze saisons dans la meilleure ligue de basketball du monde, le porte-drapeau du sport français aux Etats-Unis.

Uen victoire à l’euro de basket avec l’équipe de France et une finale NBA avec les San Antonio Spurs en 2013, Tony Parker n’aurait jamais cru jouer à son meilleur niveau à trente ans passé. Une juste récompense pour le sportif français dont la carrière outre-Atlantique a failli ne jamais démarrer. La faute à un voyage trop long et à un décalage horaire mal digéré. En Mai 2001, le jeune pensionnaire du Paris Saint-Germain Racing débarque dans la petite ville texane pour effectuer un essai afin d’essayer de convaincre les recruteurs des Spurs. Arrivé de Paris le matin même de son premier jour de test, le jeune et frêle Parker éprouve les pires difficultés lors de son premier affrontement face à Lance Blanks, ancien joueur et alors recruteur pour la franchise texane.

Gregg Popovich, l’entraineur de l’équipe, souhaitait le renvoyer chez lui mais le directeur sportif le convainc de lui donner une seconde chance. “J’étais à deux doigts de faire la plus grosse erreur de ma carrière”, avoue aujourd’hui celui qui dirige toujours la formation de San Antonio. “Tony est revenu le lendemain avec le couteau entre les dents. Je peux dire aujourd’hui que c’est l’une des meilleures choses qui soient arrivée à cette franchise”, sourit le technicien réputé pour sa rigueur et sa discipline quasi militaire.

“Quand je repense à cet épisode, je me dis que le succès d’un sportif de haut niveau ne tient pas à grand chose. Mais j’ai tout donné afin de convaincre les Spurs de me recruter”, reconnaît aujourd’hui le meneur français. Dès sa première saison chez les “Eperons”, il devient titulaire et gagne son premier titre l’année d’après, à tout juste 21 ans. “C’était exceptionnel pour un jeune joueur comme moi de remporter le titre NBA. J’étais sur une autre planète”, sourit Parker. Devenu un élément central du collectif texan, il remportera deux autres titres, en 2005 et 2007, et gagne le respect du monde du basket qui le considère dorénavant comme l’un des meilleurs joueurs du monde. “J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là, et je peux dire que je vis pleinement mon rêve américain”.

Citoyen du monde, fierté française

Né à Bruges, en Belgique, d’une mère néerlandaise et d’un père américain, Tony Parker n’a passé que très peu de temps en Belgique avant de déménager à Rouen. En Haute-Normandie, sa vie se partage entre le football et le basketball. “Mon père amenait toute la famille à ses matches et mes frères et moi-même ont vite pris goût à ce sport. J’ai rapidement su que je voulais devenir basketteur professionnel”, se rappelle encore Parker.

Les Etats-Unis font déjà partie de son quotidien, et le jeune meneur rêve de porter le drapeau français jusqu’en NBA. “J’ai grandi dans un foyer où la culture américaine était aussi présente que la culture française. Mais je me suis toujours senti français d’âme et de cœur”, avoue t-il. Parker intègre rapidement les équipes de France de jeunes et s’impose comme un leader incontournable des petits “bleus”. “Porter le maillot tricolore, c’est quelque chose d’énorme. C’est une immense fierté de représenter mon pays”, sourit le joueur.

Même si l’intéressé est installé aux Etats-Unis depuis 12 ans maintenant, l’attachement à la France est toujours aussi important. “Je n’ai pas perdu le lien avec la France, loin de là. Je suis de très près l’actualité et je continue de vivre à la française : je mange souvent des spécialités régionales, sans oublier que je retourne chez moi tous les étés afin de voir ma famille et de participer à des tournois avec l’équipe de France. C’est très important pour moi”, admet le numéro 9 des Spurs.

Membre de l’équipe de France sénior depuis 2000, le meneur est l’un des éléments les plus fidèles de la sélection nationale, n’ayant manqué qu’une seule compétition internationale pour cause de blessure en 2006. “Même si les saisons NBA sont extrêmement longues et éprouvantes, je tiens à participer aux tournois dans lesquels est impliqué l’équipe de France. Depuis mon plus jeune âge, je rêve de gagner des titres en NBA mais aussi de gagner des compétitions avec les bleus”, souligne le récent champion d’Europe. “Gagner cette médaille d’or au dernier Euro a été fantastique. Cela faisait tellement d’années que j’en rêvais. C’est l’une des plus belles joies de ma carrière jusqu’à présent” reconnaît-il.

Alors qu’il vient tout juste de démarrer sa douzième saison dans la ligue, Tony Parker est, plus que jamais, le porte-drapeau du sport français aux Etats-Unis. “Je ne sais pas si je suis l’ambassadeur du sport français aux Etats-Unis. Je veux juste donner le meilleur de moi-même pour essayer de représenter de la meilleure manière possible le drapeau bleu, blanc et rouge dans la meilleure ligue de basket du monde”, conclut-il.

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