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Toulouse : la nouvelle Hollywood

Un grand nom de l’industrie du cinéma américain voudrait reprendre une ancienne base militaire dans la banlieue de Toulouse pour y construire des studios et donner un air hollywoodien à la ville rose.

Cette compagnie vient de proposer à l’Etat français de reconvertir la base aérienne de Francazal, ses 200 hectares de terrains, sa piste et ses hangars en studios de cinéma, ont indiqué mardi l’architecte Bruno Granja et l’avocat Jacques Lavergne, qui accompagnent le projet.

Il gardent secret le nom du candidat pour ne pas hypothéquer l’affaire. C’est “un des grands” du cinéma américain, démarché et convaincu par Bruno Granja et attiré à la fois par le potentiel de Francazal, la piste sur laquelle pourraient atterrir les avions amenant les grands acteurs, la proximité de la Méditerranée, de l’Atlantique et des Pyrénées, et un patrimoine historique considérable, se contentent-ils de dire.

A la clé, 80 millions d’euros d’investissements et, “entre les emplois directs et indirects, 6.000 emplois facilement”, dit M. Granja. La décision appartient à présent à l’Etat, propriétaire de la base désaffectée depuis 2010, dit-il.

Seulement, il faut qu’il se prononce “dans des délais très brefs”, dit Me Lavergne. “Mes clients américains sont aujourd’hui pressés – vous savez comment sont les Américains – (…) et ils ont un peu de mal à comprendre que les Français atermoient parce que c’est une opportunité assez fantastique, sachant qu’ils ont un site de remplacement éventuel qui est Singapour”.

A la préfecture de la Haute-Garonne, qui conduit la reconversion de Francazal, on confirme être saisi. Les porteurs du projet seront reçus mercredi, dit-on. Leur dossier est “étudié avec intérêt et attention comme tous les autres déposés jusqu’à présent”, dit-on.

Il tranche pourtant singulièrement avec tout ce qu’a connu la préfecture jusqu’alors. Francazal est en train de se transformer en aérodrome d’affaires, dont l’Etat a confié la gestion à un groupe canadien. Une première entreprise, de maintenance aéronautique, vient seulement de signer un contrat pour s’y installer en septembre 2011.

L’arrivée possible de studios de cinéma bouleverse la donne. Elle pourrait épargner à l’Etat la controverse portée par de nombreux élus et riverains qui redoutent que Francazal ne devienne à terme le deuxième aéroport de Toulouse et qui réclament la fermeture définitive de la piste.

Mais, reconnaissent Bruno Granja et Jacques Lavergne, elle impose à l’Etat une situation complètement inattendue et une décision délicate.

En contrepartie, “l’agglomération toulousaine, dont on critique parfois le modèle monoindustriel tient là, me semble-t-il, une formidable occasion de se diversifier”, dit Philippe Guérin, le maire de Cugnaux, dans la Dépêche du Midi, qui a dévoilé la première l’intérêt des Américains.

Cugnaux, aux portes de Toulouse, est l’une des communes sur lesquelles se trouve Francazal. C’est aussi à Cugnaux, où il est architecte, que Bruno Granja a réinventé Francazal en Hollywood, Babelsberg ou Cinecittà sur Garonne.

“C’est un truc que je devais mûrir depuis des années, j’ai toujours été passionné de cinéma, je sais ce que sont des studios; quand j’ai appris que Francazal partait, je me suis dit: pourquoi ne pas proposer des studios à la place de la base ?”

Il a fait le tour des “majors” américaines. Il a eu droit à “tous les accueils”, jusqu’à ce que l’une d’elles l’entende. Elle n’était même pas à la recherche d’un nouveau lieu. Mais “c’est le culot qui a payé”.

Aujourd’hui, “le temps presse”, insiste-t-il. Car les Américains voudraient commencer à tourner en 2013.

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