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Tour de France : Alberto Contador, la marque jaune

Alberto Contador a marqué dimanche à 27 ans l’histoire du Tour de France en remportant une troisième victoire, après un duel avec Andy Schleck plus que jamais signé de son sang-froid de “Pistolero”, dans la lignée des derniers grands vainqueurs de l’épreuve.

Après 2007 et 2009, l’Espagnol a une nouvelle fois troqué entre Concorde et Arc de triomphe le masque qu’il affiche sur le vélo pour un sourire de gamin et des yeux noirs pétillants. Son nom signifie “comptable” en espagnol et il lui a fallu compter les secondes pour se départager du Luxembourgeois Andy Schleck, incarnation du culot d’une jeunesse talentueuse qu’il incarnait il y a peu encore. L’Espagnol a défendu — avec succès — son titre face aux assauts de son rival, de deux ans son cadet. “Pas au même niveau de l’an dernier”, il a géré comme avaient l’habitude de le faire ses prédécesseurs, le quintuple vainqueur Miguel Indurain et le septuple vainqueur Lance Armstrong.

Avancer seul

Si ses jambes ont paru moins solides, son mental n’a pas flanché. L’an dernier, il avait déjà affiché sa résistance à la pression, confronté au sein même de son équipe à une guerre froide avec Lance Armstrong qui ne l’avait pas empêché de l’emporter. Depuis son enfance, Contador a appris à avancer seul. Son jeune frère, Raul, souffre de paralysie cérébrale et le petit Alberto a appris à se passer de l’attention de ses parents naturellement plus portée vers son cadet. “Ce qui le caractérise, c’est l’envie et la force de volonté”, souligne sa mère Paquita. Le vélo, découvert grâce à l’un de ses grands frères, lui offre le moyen de les exprimer. D’abord dans les rues de sa ville de Pinto, cité dortoir en banlieue de Madrid, puis au Real Velo Club de Portillo, où il révèle ses qualités de grimpeur.
En 2003, il signe son premier contrat pro sous les ordres de Manolo Saiz, son “deuxième père”. Mais à 21 ans, en pleine étape du Tour des Asturies 2004, il s’écroule. Début de rupture d’anévrisme. Quelques jours plus tard, on lui diagnostique un oedème cérébral qui nécessite une opération extrêmement délicate. Il en ressort avec 70 points de suture d’une oreille à l’autre, une plaque en titane dans le crâne, mais indemne.

Club fermé

Un mois plus tard, il remarche. Six mois plus tard, il remonte sur un vélo. Puis vit “le plus beau jour” de sa vie: son retour à la compétition. Jusqu’à ce qu’en 2006, il soit cité avec plusieurs équipiers dans l’affaire de dopage sanguin “Puerto”, dans laquelle Saiz joue un rôle central. Son nom est finalement rayé. De retour une nouvelle fois à la compétition, Contador prend son envol, affirmant les caractéristiques des champions: irrésistible en montagne et rouleau compresseur en contre-la-montre. Il rejoint le club fermé des vainqueurs des trois Grands Tours après ses succès dans le Tour de France (2007), d’Italie (2008) et d’Espagne (2008).
De retour en 2009 sur la Grande Boucle après que son équipe Astana a été exclue de l’édition 2008, il assied sa suprématie sur son épreuve de prédilection à force de coups d’éclat en montagne (Verbier) et en chrono (Annecy).
En 2010, il montre quelques faiblesses dans le contre-la-montre de Pauillac et ne gagne aucune une étape. Défensif, gestionnaire, il laisse même une victoire à Andy Schleck au sommet du col du Tourmalet, dans la tradition des grands vainqueurs qui n’ont pas besoin des succès d’étape pour prouver leur pouvoir. Le “Pistolero” ne vise que le maillot jaune.

 

 

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