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Tour de France: dix raisons de croire ou non en Lance Armstrong

Le cyclisme s’interroge sur l’hypothèse d’une victoire de Lance Armstrong, quatre ans après son septième et dernier succès dans le Tour de France: les raisons d’y croire ou pas avant le départ de Monaco.

. Trois ans d’arrêt. S’il a pratiqué du sport (marathon) durant cette première retraite, l’Américain a quitté le monde de la compétition d’élite. Revenir à très haut niveau après pareille interruption relève de l’exploit, surtout en quelques mois puisqu’il a annoncé son retour à la fin de l’été dernier. Nul n’a encore jamais réussi ce pari dans le cyclisme.

. Un âge quasi-canonique. Le palmarès du Tour en témoigne depuis 1903, il ne comporte aucun coureur âgé de 37 ans ou plus. Le doyen s’appelle Firmin Lambot, un Belge vainqueur en 1922 à l’âge de 36 ans. L’an dernier, Carlos Sastre avait fêté son 33e anniversaire quelques semaines avant son maillot jaune des Champs-Elysées.

. Une saison contrariée. A l’inverse de ses années de (totale) domination, Armstrong a dû procéder à une autre approche du Tour. Après sa fracture de la clavicule en mars, il a rabaissé ses ambitions dans le Giro (12e). En juin, il a couru en tout et pour tout une course critérium en Californie, face à des inconnus.

. Une fébrilité nouvelle. Deux chutes (Tour de Castille et Leon, Giro) et surtout des plaintes récurrentes en début de Giro ont souligné la plus grande nervosité en course de la part du coureur américain. Avec l’âge, rappellent les anciens, on devient plus sensible à la perception des risques. Armstrong n’échapperait pas à cette règle.

. Des adversaires plus combatifs. Aucun de ses rivaux de l’époque (Ullrich, Basso, Vinokourov) ne figure dans le peloton du Tour 2009. La concurrence a pris d’autres visages, absents (Contador, A. Schleck) ou en retrait (Sastre, Evans, Menchov) durant les années Armstrong. Au contraire de leurs prédécesseurs, ils ne devraient pas nourrir de complexes.

. Un contexte moins favorable. Le coup de tonnerre provoqué par la révélation dans l’Equipe de la présence d’EPO dans des échantillons attribués à Armstrong en 1999 a altéré la réputation de l’Américain, au moins en France. Quatre ans plus tard, l’environnement a changé. Armstrong, qui affirme être le sportif le plus contrôlé du monde, est plus surveillé que jamais.

Mais aussi…

. Un mental exceptionnel. Compétiteur d’élite dès l’adolescence (triathlon), le Texan possède au plus haut degré cette qualité. Elevé à la dure par sa mère Linda qui lui a donné l’exemple (la vie est un combat, disent les Américains), Armstrong dit “aimer la souffrance” sur le vélo. Un directeur sportif français, qui l’a observé de près pendant le Giro, confirme: “Il sait se faire très mal”.

. L’art de la préparation. On apprend à gagner, répètent les spécialistes du sport. Armstrong l’a démontré sept années durant, il connaît tous les paramètres du succès. Tant physiologiques que psychologiques, avant et pendant la course. Maître de ses émotions et (redoutablement) intelligent, il ne commet pas deux fois la même erreur.

. Une équipe de première force. La présence à ses côtés d’Alberto Contador, le favori logique du Tour, est davantage un atout qu’un handicap. Même si l’Espagnol a été désigné officiellement leader de l’équipe par Johan Bruyneel, le responsable de l’équipe mais aussi l’ami d’Armstrong. Deux autres coéquipiers (Leipheimer, Klöden) sont déjà montés sur le podium final.

. Une autorité évidente. Armstrong en impose, pour une large part, aux différentes composantes du cyclisme (coureurs, équipes, officiels, médias). Caractère de fer, contacts avec les puissants, richesse personnelle, palmarès incomparable, autant d’atouts qui assoient le pouvoir de l’une des stars mondiales du sport, habitué de longue date à commander.

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