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Tour de France : le discret Pierrick Fédrigo fait parler de lui

Pierrick Fédrigo, fils d’agriculteurs du Lot-et-Garonne, n’a pas la parole facile mais fait parler de lui par son palmarès, qu’il a étoffé mardi en s’imposant à Pau dans la 16e étape du Tour de France.

“Ce n’est pas un expansif. C’est un type qui vient de la terre, qui a des valeurs, des origines saines: “On ne parle pas, on fait. Pierrick fait”, explique le manager de l’équipe BBox, Jean-René Bernaudeau. A 31 ans, son palmarès parle pour lui: deux fois vainqueur du Tour du Limousin, champion de France 2005 à Boulogne-sur-Mer, vainqueur des Quatre Jours de Dunkerque cette année-là, d’une étape du Dauphiné Libéré 2009 après l’ascension de l’Izoard, du Critérium international en mars dernier. Et, désormais, de trois étapes sur le Tour (après Gap 2006 et Tarbes 2009).

L’Aquitain connaissait bien le terrain de sa victoire dimanche. “Le Peyresourde, l’Aspin, le Tourmalet, l’Aubisque, le Soulor, ce sont des routes que je connais par coeur parce que je les ai faites à l’entraînement. Gagner sur ces routes-là, ça me fait du bien, c’est particulier”, expliquait Fédrigo avec son accent du Sud-Ouest. C’est sur ces mêmes routes de l’Aspin et du Tourmalet, qu’il avait construit sa victoire à Tarbes l’an passé. “Je me suis rappelé les moments de l’an dernier et je me suis dit Aujourd’hui, c’est pour moi”, raconte-t-il, sans cacher avoir douté et “craqué” la veille au soir après ses vaines tentatives d’échappées depuis deux semaines.

Rentrer à la maison

Ce passionné de chasse n’aime pas rentrer bredouille, surtout quand il passe beaucoup de temps loin de sa famille. Quand ça ne marche pas comme lors de la Vuelta l’an dernier, il peut rentrer à la maison, à Saint-Barthélémy d’Agenais, pour voir ses deux enfants, Léonie et Antoine, qui lui manquent. Quand ça marche, il est capable de tenir tête aux plus grands comme Lance Armstrong mardi qui briguait une victoire d’étape avant sa retraite ou Contador, Evans et Sanchez sur les pentes du col de l’Ospédale au Criterium international en mars dernier. Fédrigo est un baroudeur, élevé aux côtés d’un père agriculteur et sprinteur au très honorable palmarès amateur (400 victoires). Après s’être lancé dans le cyclisme vers 15 ans, il a passé CAP et BEP en mécanique de cycles, deux diplômes qui ne lui ont pour l’instant pas servi. Deux belles victoires en Espoirs, à la Flèche ardennaise et au Tour des régions italiennes, l’ont mené dans le cyclisme professionnel, au Crédit Agricole de Roger Legeay en 2000. C’est à la Bouygues Telecom, à partir de 2005, qu’il a explosé au plus haut niveau. Au point de devenir, avec Thomas Voeckler, Cyril Gautier et Pierre Rolland, un des quatre membres de la “colonne vertébrale” de l’équipe, selon Jean-René Bernaudeau. Ses performances l’ont rendu très courtisé. L’an dernier, alors que son contrat n’était pas fini, son manager avait dû rappeler à l’ordre ses concurrents. En quête de sponsor, Bernaudeau a fait sa “priorité” de garder son coureur. Autour du taiseux, les discussions vont bon train.

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