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Tour de France : où est le “boss” Lance Armstrong ?

Il était venu pour gagner, il se retrouve équipier : pour son dernier Tour de France, Lance Armstrong a dû troquer son ambition de victoire finale pour se fondre dans la masse du peloton, sans toutefois renoncer à un dernier coup d’éclat avant la retraite.

Après deux semaines de course, le septuple vainqueur du Tour (entre 1999 et 2005), qui fêtera ses 39 ans en septembre, pointe à plus de 39 minutes (38e) du leader. “Mon Tour est fini”, avait reconnu l’Américain à l’arrivée de la 9e étape après avoir accusé près de 12 minutes de retard lors des premiers cols alpestres. Depuis, le Texan n’a cessé de perdre du temps, non sans suciter des interrogations. La malchance qui l’avait épargnée pendant sept ans et qui semble s’acharner sur lui (crevaison sur les pavés, chutes à répétition), combinée à la recrudescence des enquêtes à son encontre, ont-elles eu raison du compétiteur au mental d’acier? Son corps, face aux effets de l’âge et de la chaleur, n’est-il plus à la hauteur de ses ambitions?

Le stratège américain a-t-il choisi de se laisser distancer par les leaders du classement général afin qu’ils le laissent s’échapper pour une dernière victoire d’étape?
“C’est délibéré”, répond son directeur sportif Alain Gallopin. “Il ne veut pas prendre de risque. Qu’il soit à onze, douze ou quinze minutes, de toute façon, le Tour est perdu”. “Je pense qu’il change volontairement son image, son approche de la course et du public. Il court sans pression”, estime le coureur irlandais Nicolas Roche.

L’ancien leader roule désormais pour celui qui l’a épaulé pendant ses années de gloire, Levi Leipheimer (7e du général après l’étape de dimanche), qui brigue une place sur le podium.
“Equipier, il l’a déjà été avec Alberto (Contador, l’an dernier chez Astana). Même si on a beaucoup parlé, il a été un bon capitaine de route, il était prêt à faire ce qu’il fallait”, rappelle Gallopin, tout en soulignant qu’”un candidat au podium ne demande pas la même attention qu’un maillot jaune ou un vainqueur potentiel”.
“S’il y a besoin, il va aider Levi. On a le classement par équipes en vue parce qu’on aimerait bien monter sur le podium à Paris, et Lance est une des pièces maîtresses. Il aimerait bien aussi gagner une étape”, ajoute-t-il. “Mais s’il y a une échappée de vingt coureurs avec Lance Armstrong, comment ça peut se passer? C’est une situation qu’on n’a pas connue depuis 1995 lors de sa victoire à Limoges”, interroge Alain Gallopin.
Dans le peloton et parmi le public, Armstrong reste un coureur à part, comme le montre l’affluence inégalée de supporters, badauds et médias chaque matin autour du bus de son équipe RadioShack.

“Il a été le patron pendant des années. Maintenant, il a un rôle d’ambassadeur du vélo”, estime Roche.

 

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