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Tour de France : Thomas Voeckler, le retour du fils prodigue

Thomas Voeckler, vainqueur de la 15e étape du Tour de France lundi, est un des chouchous du public français qui l’a érigé rapidement au rang de futur champion après le Tour 2004 avant d’apprécier un coureur batailleur qui tire le meilleur de ses possibilités.

En 2004, il avait vu son maillot bleu-blanc-rouge de champion de France se transformer en jaune pendant dix jours; l’année dernière, il avait signé sa première victoire d’étape sur la Grande Boucle à Perpignan; lundi, il a remporté son deuxième succès, cette fois avec le maillot de champion de France sur les épaules.

“L’année dernière, c’était spécial parce que j’ai mis des années à gagner une étape, je sentais une attente du public. C’était un soulagement. Là, c’est une fierté”, a résumé le coureur de 31 ans, expliquant ne pas vouloir “placer une victoire devant l’autre”. Le public français a retrouvé son Thomas. La foule au bord des routes avait basculé dans une +Voecklermania+ lors du Tour de France 2004 en voyant le petit Alsacien de 25 ans se démener pour conserver son maillot jaune.

En haut du plateau de Beille (Ariège), Voeckler avait sauvé pour vingt secondes, au prix d’énormes efforts, sa tunique jaune, franchissant la ligne d’arrivée maillot ouvert, poing brandi et sourire de gamin aux lèvres moins de cinq minutes derrière Lance Armstrong, en route vers une cinquième victoire consécutive dans le Tour. “Il y a eu un avant et un après 2004”, raconte-t-il. L’offensive pour la victoire Et l’après-2004, avec des victoires forcément moins prestigieuses (GP Ouest-France 2007, Circuit de la Sarthe 2008, etc), ne fut pas évident. “Beaucoup se seraient perdus avec ce maillot jaune. Avec le recul, je réalise que j’étais vraiment dépassé”, explique le coureur, qui a forgé sa persévérance dans sa jeunesse.

Né dans la banlieue de Strasbourg, il quitte la métropole à l’âge de six ans pour la Martinique où s’installent son père, psychiatre passionné de voile, et sa mère médecin anesthésiste. C’est là que celui que ses amis surnomment “Ti-Blanc” se prend de passion pour le vélo. Il aura son premier vélo à 13 ans. Peu après, son père disparaît en mer. A son retour en France à 17 ans, la maturité du “Ti-Blanc” séduit Jean-René Bernaudeau, son manager de toujours. Des équipes de jeunes au titre de 2004, il affirme un profil de coureur baroudeur. “Ce que j’aime, c’est l’offensive pour la victoire, pas l’offensive pour l’offensive. Et quand on n’est pas le plus fort du monde, il faut essayer beaucoup de fois”, souligne-t-il.

Ces dernières saisons, Voeckler termine souvent placé sur les plus grandes courses: deuxième au Championnat de France 2006, deuxième d’étapes du Tour d’Italie en 2009 et 2010 et de Paris-Nice 2010. Quelques jours avant sa huitième Grande Boucle, en juin, il redevient gagnant au Championnat de France, sur le même parcours de Chantonnay (Vendée) où il avait échoué en 2006. “J’ai toujours su que je n’allais pas gagner le Tour de France, explique-t-il. Mais je suis toujours resté motivé pour poursuivre mes objectifs: les victoires.”

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