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“Tron : L’héritage”, la symphonie pour ordinateurs de Daft Punk

Après des mois de buzz, Daft Punk lève le voile lundi sur la bande originale qu’il a composée pour “Tron : L’héritage”, une oeuvre “rétrofuturiste” pour laquelle le duo électro a marié synthétiseurs et orchestre symphonique.

“Tron : L’héritage” est la suite de “Tron”, film de science-fiction visionnaire de 1982, dans lequel un concepteur de jeux vidéos était téléporté dans un jeu par un ordinateur surpuissant. La suite de ce long métrage devenu culte pour tout une génération de “geeks” ne sortira qu’en Amérique du Nord le 17 décembre et en France le 2 février 2011. Pour les fans, la sortie de la bande originale réalisée par Daft Punk (EMI) est donc un premier avant-goût du film. Elle est d’autant plus attendue que le dernier album du duo phare de la French Touch, “Human after all”, remonte à 2005. L’association entre Daft Punk et Tron semble à bien des égards évidente, tant le duo aime à explorer les relations entre technologie et humanité.

En 2006, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, qui apparaissent systématiquement cachés derrière des masques de robot, étaient venus présenter à Cannes leur premier film, “Daft Punk’s Electroma”, une oeuvre expérimentale qui racontait la quête désespérée de deux robots pour devenir humains. Le réalisateur de “Tron : L’héritage”, Joseph Kosinski, un grand fan de Daft Punk depuis ses années de fac, a travaillé pendant trois ans avec le duo, expliquant à l’AFP avoir monté son film en fonction de la musique. “Ca a été un peu surréaliste de s’asseoir pour un petit déjeuner avec eux il y a trois ans et demi et de leur dire : +Je fais ce film, ‘Tron’, et je pense que vous seriez parfaits (pour en faire la bande originale)+ et de découvrir que nous étions créativement sur la même longueur d’onde”, explique-t-il. “Nous voulions faire une bande originale classique, qui mélangerait musique électronique et orchestrale de façon unique”, précise-t-il.

Les deux musiciens ont élaboré une symphonie interprétée par une centaine de musiciens, sachant “dès le départ” qu’ils ne pourraient pas se contenter de synthétiseurs et d’ordinateurs. “Le violoncelle était déjà là il y a 400 ans et le sera encore dans 400 ans. Mais les synthétiseurs, qui ont été inventés il y a 20 ans n’existeront certainement plus dans 20 ans. Les synthés sont un très bas niveau de l’intelligence artificielle”, confiait récemment Thomas Bangalter au magazine britannique Dazed and Confused. “Ce projet est de loin le plus stimulant et le plus complexe dans lequel nous ayons jamais été impliqués”, soulignait-il.

Presque exclusivement instrumentale, la musique que le duo a composée est ample et parcourue d’une tension qu’on sent au service des images. Elle s’inscrit dans l’esthétique épurée de Daft Punk, à la recherche du “rétrofuturisme ultime”, et arrive à combiner la puissance des instruments classiques et électroniques, à la manière d’un Vangelis. Certains des 22 morceaux qui la composent, comme le très techno “Derezzed”, ne dépareraient pas un opus du duo. Mais ceux qui attendent avec impatience un nouvel album studio risquent de rester sur leur faim.

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