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Troyes


Troyes, dont le centre ancien a la forme exacte d’un bouchon de champagne, est l’une des villes les plus injustement méconnues de France, mais aussi une des cités de l’Hexagone qui, en cinquante ans, a le mieux réussi sa métamorphose. Fief historique des comtes de champagne, capitale mondiale de l’andouillette, centre marchand de première importance pour les grandes marques de vêtements qui y vendent leurs produits en discount, Troyes est aussi et surtout dotée d’un patrimoine exceptionnel. Pour étudier les vitraux de sa cathédrale et de ses dix églises, les spécialistes du monde entier (en particulier les doctorants américains) viennent séjourner ici plusieurs mois. Ils tombent alors amoureux des vieilles rues moyenâgeuses avec leurs maisons à pans de bois du XVIe siècle qui font aussi la gloire de la ville. Ils aiment se perdre dans le lacis des ruelles étroites, les recoins secrets, les placettes intimes avec leurs puits en pierre blonde et en fer forgé. Ils flânent le long des canaux dans lesquels se reflètent les façades vertes, rouges, jaunes, bleues des demeures anciennes. Pourquoi cette cité richement dotée est-elle encore si peu connue des touristes étrangers et des Français eux-mêmes ? Pour comprendre, il faut revenir aux origines d’une ville au destin peu banal. Les premiers hommes à s’installer dans ce méandre de la Seine sont les Tricasses. Quelques siècles plus tard, cette tribu gauloise connaît une prospérité naissante avec l’invasion des Romains. Evangélisée au IIIe siècle, la ville devient alors siège épiscopal. Mais c’est l’avènement des comtes de Champagne, au Xe siècle, qui sonne le véritable essor de la cité, bientôt promue capitale de la Champagne. Les foires qui s’y tiennent font de Troyes, au Moyen-Âge, un centre marchand de premier plan, un des carrefours d’échange de l’Europe.


 


Et une petite Venise


Les comtes de Champagne avaient en effet décidé, en détournant la Seine, de doter la ville d’un réseau de canaux de manière à développer l’industrie textile. Ainsi, durant des siècles, ces canaux firent la richesse et la beauté de la cité, veinée de rus, semée de ponts, d’écluses et de moulins à eaux. À la suite du terrible incendie de 1524, les maisons à pans de bois que l’on connaît encore aujourd’hui sont construites. C’est vers cette époque aussi que les églises de la ville sont ornées de plus de 1300 verrières financées par les marchands. « Troyes et son département possèdent le plus abondant patrimoine verrier de la fin du XVe et du début du XVIe siècle en France. Beaucoup de nos vitraux valent ceux de Chartres », explique Alain Vinum, maître verrier dont la famille restaure le vitrail depuis six générations.


Un relatif déclin suit cette période fastueuse et, au XIXe siècle, Troyes la bourgeoise se fait ouvrière. Et se reconvertit dans la bonneterie. Les usines se dressent à la périphérie, le centre est déserté. Une partie des canaux, mal entretenus et nauséabonds, est bouchée. Les maisons à pans de bois ont été recouvertes de crépi pour éviter les incendies et les quartiers historiques laissés à l’abandon. Ou carrément rasés après guerre, et remplacés par…des HLM. Et voilà d’où vient la triste réputation de Troyes, qui vit encore sur ces images révolues alors qu’elle a, depuis, retrouvé son charme du XVIe siècle.


 


Prise de conscience


La prise de conscience s’est opérée dans les années 1970, quand les Troyens ont enfin réalisé la richesse exceptionnelle de leur patrimoine. On a restauré la fameuse maison du boulanger en lui ôtant son crépi et en remettant ses bois en valeur. Puis les restaurateurs se sont faits plus hardis, comme l’explique le maître-charpentier Jean-Louis Valentin, avec ces termes d’artisan qui font rêver : « Peu à peu, j’ai restitué les baies à meneaux, les moulures en accolade, les jets d’eau sur les sablières d’encorbellement. » L’étape suivante sera la restauration des couleurs d’origine. « Ces maisons datent de quatre siècles, et repartent pour quatre siècles,  une fois restaurées. Elles sont un modèle de développement durable ! »


Impossible de faire la liste exhaustive des monuments à visiter à Troyes, même s’il se dégage quelques incontournables comme la cathédrale et ses vitraux,  la basilique Saint Urbain et son chœur gothique remarquable, l’église Saint Nizier, celle de la Madeleine… À voir aussi en priorité, l’élégant hôtel de Vauluisant, le musée Saint-Loup, ancienne abbaye aux collections allant du néolithique à Fragonard ; le musée d’art moderne et ses Degas, ses Gauguin, ses Derain. Sans parler de la médiathèque, qui comporte l’un des plus importants fonds de manuscrits médiévaux enluminés de France. Pour les pans de bois, outre la Maison du Boulanger, le Mortier d’Or, les façades de la rue Emile Zola, la Maison de l’outil et de la pensée ouvrière sont des chefs d’œuvre. Mais les plus envoûtantes seront sans doute celles que vous découvrirez au hasard d’une promenade. En flânant le nez en l’air.


 


TROYES PRATIQUE


Chef-lieu du département de l’Aube, Troyes, à 160 kilomètres au sud-est de Paris, compte 60000 habitants. Le mieux est de s’y rendre en train depuis la gare de l’Est.


 


Office du tourisme


16, boulevard Carnot.


Tél.  : 011 33 (0) 3 25 82 62 70


 


Hôtels


Le champ des oiseaux


20 rue Linard Gonthier


Tél. : 011 33 (0)3 25 73 05 05


Ce quatre étoiles installé dans une labyrinthique maison à pans de bois réhabilitée avec goût est à coup sûr l’adresse de charme de la ville. Pour 150 à 200 euros la nuit, vous êtes assuré d’un séjour de rêve dans une des douze chambres décorées avec goût.


 


Royal hôtel


22 boulevard Carnot


Tél. : 011 33(0)3 25 73 19 99


Moins cher (65 à 90 euros la nuit) que le précédent, ce trois étoiles est aussi moins charmant. Mais pratique. Situé près de la gare et doté d’un restaurant très correct, il dispose aussi d’un bar.


 


Restaurants


Le Valentino


35 rue Paillot-de-Montabert


Tél. : 011 33 (0)3 25 73 14 14


Le décor de ce restaurant-galerie va bien avec le contenu des assiettes. Mesclun de Saint-jacques et foie gras poêlé, Parmentier à l’andouille de Guéméné, omelette soufflée aux framboises. Une valeur sûre. Environ 50 euros à la carte.


 


Au jardin gourmand


31 rue Paillot de Montabert


Tél. : 011 33 (0)3 25 73 36 13


Tout proche du précédent, ce petit établissement au décor pastel est aussi une bonne adresse où vous pourrez découvrir l’andouillette sous toutes ses formes. Beau choix de glaces. Menu à 16 euros.


 


Andouillettes


73 avenue Galliéni


10300 Sainte-Savine


Tél. : 011 33 (0)3 25 79 08 74


C’est dans cette charcuterie, à la périphérie de Troyes, que se fournissent les connaisseurs de l’incontournable spécialité locale. Sans farce ni gras, une andouillette incomparable.


 


Champagne


Cave coopérative de Chassenay d’Arce


11 rue du Pressoir


10110 Ville-sur-Arce


Tél. : 011 33 (0)3 25 38 30 70


Au sud du département, et à… 35 kilomètres de Troyes, vous êtes sûr de trouver un champagne d’une qualité constante à des prix, eux aussi, constants !


 


 


 


 

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