Subscribe

Tuerie à Toulouse dans un collège juif

Un professeur de religion, ses deux enfants ainsi qu’un autre enfant ont été tués et un adolescent gravement blessé, lundi matin, par un homme qui s’en est pris à un collège juif à Toulouse, avant de s’enfuir à scooter comme le tueur des parachutistes de Montauban et Toulouse.

Un enseignant de religion de 30 ans du collège-lycée Ozar Hatorah, situé dans un quartier résidentiel de Toulouse, et ses deux enfants de 6 et 3 ans ont été tués par le tireur à scooter, muni de deux armes. Une fillette âgée de huit ans, selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur Pierre-Henry Brandet, ou de dix ans, selon le procureur de Toulouse Michel Valet, a également été tuée.

Un jeune homme de 17 ans a aussi été grièvement blessé, lors de cette fusillade qui est la première visant des juifs depuis celle de la rue des Rosiers, à Paris, en 1982. Evoquant une “tragédie épouvantable” avec des “similitudes” avec le meurtre de trois parachutistes à Toulouse et à Montauban, le président Nicolas Sarkozy s’est immédiatement rendu sur place en compagnie du grand rabbin de France, Gilles Berner, et du président du Crif, Richard Prasquier.

François Hollande a aussi annoncé qu’il faisait le déplacement pour témoigner sa solidarité à la communauté juive de France, évoquant un crime “antisémite”, alors que la classe politique unanime faisait part de son émotion et de sa condamnation, la compagne électorale apparaissant de facto suspendue.

L’attaque est survenue vers 8h alors que de nombreux enfants et parents se trouvaient aux abords de l’établissement, situé 33 rue Jules-Dalou, dans un quartier pavillonnaire tranquille du nord de Toulouse. L’homme, arrivé sur les lieux à scooter ou à moto, a ouvert le feu sur toutes les personnes qui se trouvaient devant le collège-lycée, a déclaré le procureur de Toulouse Michel Valet, précisant que “enfants ont été poursuivis à l’intérieur de l’école”.

Le tueur était muni de deux armes, dont une de même calibre 11.43 que celle utilisée pour les parachutistes, a-t-on appris lundi de sources policières. L’homme a utilisé une arme, sans doute du 9 mm, à l’extérieur du collège et cette arme s’est enrayée, ont précisé ces sources. A l’intérieur de l’établissement, il a eu recours à une autre arme de calibre 11.43 cette fois. Il a tiré en premier lieu avec la première arme sur un homme à l’extérieur du collège, a laissé son scooter sur place et est ensuite entré dans le collège où il a utilisé la seconde arme. Des témoins ont décrit un puissant scooter mais divergent sur la couleur de celui-ci, noir et blanc selon les uns, noir selon d’autres.

La secrétaire générale de la préfecture de Haute-Garonne, Françoise Souliman, a annoncé qu’un périmètre de sécurité avait été établi autour de tous les établissements scolaires juifs de Toulouse. Dans les premiers témoignages recueillis sur place, la communauté juive, en état de choc, exprimait le plus souvent son sentiment d’avoir à faire à un attentat antisémite. “C’est abominable, on a tiré sur des gosses”, déplorait un témoin sur place. Comme M. Sarkozy, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant et la police ont relevé des “similitudes” troublantes entre cette tuerie et les deux assassinats de parachutistes à Toulouse, le 12 mars, et à Montauban, jeudi.

Tous les lieux confessionnels en France, notamment les écoles juives, vont faire l’objet d’une surveillance renforcée après la fusillade de Toulouse, a annoncé à l’AFP le ministère de l’Intérieur. “Des consignes ont été données aux préfets, aux services de police et de gendarmerie de renforcer la surveillance autour de tous les lieux confessionnels en France et particulièrement aux abords des écoles israélites”, a dit le porte-parole de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert trois enquêtes pour assassinat. L’ambassadeur d’Israël en France, Yossi Gal, a fait savoir qu’il se rendrait à Toulouse ce lundi alors qu’Israël s’est dit “horrifié”, faisant confiance à Paris “pour faire toute la lumière”, par la voix de son ministère des Affaires étrangères.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related