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Un amour de jeunesse, les bleus au cœur de Mia Hansen-Løve

Troisième opus de la trilogie psychologique de Mia Hansen-Løve esquissée avec Tout est pardonné (2007) et le superbe Le père de mes enfants (2009), Un amour de jeunesse suit l’évolution sentimentale d’une adolescente qui tente de se reconstruire après le deuil impossible de son premier amour.

Tragédie amoureuse, Un amour de jeunesse s’inscrit dans la continuité du cinéma analytique à fleur de peau de Mia Hansen-Løve. Camille, 15 ans, est éperdument amoureuse de Sullivan, 19 ans. Quand ce dernier la quitte pour l’Amérique du Sud, la jeune fille se trouve confrontée à un drame intérieur insupportable. Une tentative de suicide et des années de solitude plus tard, cette profonde blessure continue de bouleverser l’adolescente, anéantissant toute perspective de bonheur et de guérison. “C’est l’histoire d’une jeune fille qui surmonte et qui ne surmonte pas la perte de son amour, qui fait le deuil sans faire le deuil. C’est un film sur ma propre expérience d’adolescence”, résume la réalisatrice.

La figure du père au cœur des deux films précédents de Mia Hansen-Løve est évacuée mais l’absence de l’autre, caractéristique de son cinéma, est à nouveau centrale dans le film. “J’ai voulu me confronter à mes souvenirs de manière frontale, absolue, sans passer par le biais du père”. Palliatif ? Dans sa tentative de reconstruction, Camille bâtit une relation thérapeuthique avec son professeur d’architecture et s’ouvre doucement au monde dans une mise en abîme facilement identifiable. “C’est un personnage en quête de lumière, comme l’architecte, ou le cinéaste. J’ai l’impression d’avoir fait un film sur mon devenir de cinéaste.”

Pudique et empreint de poésie, Un amour de jeunesse trouve sa place dans la mouvance féminine intello du cinéma français contemporain, alimentée par d’excellentes réalisatrices comme Céline Sciamma, Sophie Letourneur ou Valérie Donzelli. Tout en retenue, ce film délicat et bien filmé fait dans l’épure. Peut-être trop. A force de ne pas vouloir céder aux sirènes romanesques de la passion à l’écran (chair, sang et larmes), le film accuse un traitement drastique accentué par le jeu monocorde des acteurs. On aurait apprécié un peu plus de densité.

Un amour de jeunesse (Goodbye first love) de Mia Hansen-love. En salles américaines à partir du 20 avril 2012 à New York. Durée : 1h50min

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