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Un banquet géant de 800 gourmands à Nantes autour de plats de grands chefs

La foule piétine devant la grande cour de l’usine Lu à Nantes, ancienne biscuiterie transformée en lieu culturel: ce soir, une immense tablée accueille 800 convives pour goûter aux plats de grands cuisiniers.

Mais personne n’arrive les mains vides. Au moment de leur réservation, les “mangeurs” ont récupéré un baluchon en toile pour y envelopper une entrée à préparer à la maison et à partager à table. Anne Bénéteau, une enseignante de 29 ans, arrive avec une dizaine d’amis et, dans son baluchon, des rillettes de saumon aux pommes vertes. Son copain a préparé dans des demi-pamplemousses une salade d’avocats et de crevettes. Et l’une de ses amies fait voir des muffins au surimi et au poireau qu’elle baptise “délices au crabe”.

“L’organisation du partage est assez mystérieuse. On a comme consigne de préparer une entrée pour trois personnes. Si tout le monde en emmène une, cela fait trois entrées par personne ? On va voir”, dit-elle à l’AFP. Côté ambiance, elle trouve que les contributions de chacun au repas évoquent les fêtes printanières entre voisins. Sauf que là, “il y aura le plat d’un grand chef pour rattraper tous les ratés des entrées”, s’amuse-t-elle.

Les convives ont payé 18 euros pour un plat, un dessert et du vin. Huit chefs sont aux manettes en coulisses avec leurs équipes, chacune étant chargé de sortir une centaine d’assiettes chaudes. Sous une grande tente jouxtant le bâtiment, Jean-Yves Guého, de l’Atlantide, seul restaurant étoilé de Nantes, n’exprime aucune appréhension. Comme les autres chefs, une bonne partie de sa recette – une pintade au cacao concassé, “comme une croûte, une chapelure”, avec des patissons farcis aux blettes et aux abats de la volaille – a été préparée en amont.

“Ce qui me plaît le plus dans ce repas géant, c’est l’idée que toutes ces personnes vont passer la soirée à parler de cuisine”, dit-il.
William Ledeuil, chef parisien très inspiré par l’Asie, a imaginé un canard sauce teriyaki aux mirabelles, accompagné de betteraves, girolles et cèpes.
Eric Guérin, à la tête d’un restaurant perdu dans les marais de Brière, non loin de Saint-Nazaire, a glissé sous la peau de ses poulets des petits Lu écrasés dans du beurre salé. “C’est gourmand et le sel excite un peu les papilles”, promet-il. A table, les entrées se dévoilent. Ici un pâté de thon “trop poivré et pas assez salé”, selon la jeune femme qui l’a cuisiné, côtoie par exemple une tarte fondante “de fin d’été” aux tomates rouges et jaunes.

Place à la critique des plats de chefs, tant attendus. “C’est à peine mieux qu’une brasserie”, regrette une jeune femme, tandis que plusieurs de ses voisins disent avoir renoncé à manger leur volaille “trop rosée”. Mais “goûtez moi ça, vous allez voir !”, lance une sexagénaire. Effectivement, le poulet au citron est moelleux à souhait et subtilement assaisonné.
Une expérience à renouveler, estime le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault parmi les convives, car outre son aspect festif, elle a le mérite de rappeler la “dimension culturelle” de la table.

 

 

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