Subscribe

Un boulanger français menacé d’expulsion en Floride

Installé avec sa famille depuis 8 ans à Indian Rocks Beach, une ville proche de Tampa en Floride, Xavier de Marchi tient une boulangerie qui est menacée de fermeture depuis le 1er décembre. Le Français s’est vu refuser la prolongation de son visa investisseur E-2. Incompréhension et mobilisation générale.

Xavier de Marchi,  boulanger originaire de Bergerac (Dordogne), comptait, il y a quelques semaines encore, étendre son commerce prospère à Indian Rocks Beach en Floride en y ajoutant un salon de thé. Depuis le 1er décembre, il est moins confiant quant à son avenir aux États-Unis.  Son « rêve américain » qui l’a fait venir, il y a 7 ans, s’installer en Floride à la suite de vacances a été terni par le refus de l’ambassade des États-Unis à Paris de lui renouveler son visa E-2 d’investisseur. « Le rendez-vous que l’on doit passer a été bâclé en 10 minutes », s’insurge-t-il. Il reçoit alors très rapidement une lettre lui annonçant le refus avec la mention : « Votre entreprise est plus que marginale ». « J’ai eu la décision le lendemain matin », se rappelle-t-il. « Cela veut dire qu’on a traité mon cas en deux temps, trois mouvements. »

Même si Xavier de Marchi garde le sourire et continue à blaguer avec la jovialité et l’accent typiques du sud-ouest, il ne comprend pas et ne se voit pas retourner en France : « On a notre petite vie ici, notre commerce, notre maison, notre bâteau, notre voiture, et toutes nos affaires personnelles. » Alors que les  autorités souhaitent, selon ses propres termes,  qu’il « prenne ses cliques et ses claques et reparte d’où il vient », il s’est lancé dans une campagne médiatique. Il a fait signer une pétition et a entrepris de nouvelles démarches administratives. « Nous avons déjà récolté pas moins de 1 000 signatures venant d’un peu partout : d’ici, mais aussi d’amis en France, aux Pays-Bas et en Irlande. Nous avons également eu la visite de beaucoup de médias locaux et de chaînes de télévision, dont Fox News, ainsi que des journalistes de France au téléphone. » Et Xavier de Marchi a plutôt bon espoir. « Quand on va à la bataille, c’est pour gagner, pas pour perdre », réplique-t-il. Un combat qu’il mène aux côtés d’un nouvel avocat. « Quand je prends une claque, je ne tends pas l’autre joue », ironise-t-il à nouveau.

Comme il l’évoque, une telle mésaventure est également arrivée à deux Français du New Hampshire, qui, après avoir rassemblé l’opinion publique et ému le New York Times, avait vu la décision modifiée et avait pu reprendre son activité normale. Alors, face à la critique des officiels, le boulanger français d’Indian Rocks Beach, fan de rugby, fait part de la légitimité de son honnête commerce. « Les clients nous apprécient, j’emploie des gens, et j’allais acheter la boutique d’à côté pour m’agrandir », indique-t-il. « On ne peut pas dire que je n’investis pas. En plus, je pense que, dans le contexte de crise, ce n’est pas judicieux de supprimer les petits commerces. Je paie mes impôts comme tout le monde. »

Gaël de Maisonneuve, consul général de France à Miami, explique quant à lui, à l’issue de sa rencontre avec Xavier de Marchi, n’avoir pas reçu de sa part tous les éléments de son dossier de visa, mais lui avoir conseillé un bon avocat. « Grâce à nos contacts en France, nous faisons souvent le maximum pour aider les ressortissants français qui ont ce genre de problème », dit-il. « Je n’ai pour l’instant pas toutes les clefs du dossier. La décision appartient néanmoins aux autorités américaines, souveraines dans ce domaine. Mais, compte tenu de la scolarisation des enfants, c’est une situation exceptionnelle et nous sommes présents au côté de M. de Marchi, pour que cela ne se transforme pas en drame social. »

Infos pratiques:

Pour signer la pétition lancée sur internet par la famille De Marchi, cliquez ici.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related