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Un camp de tentes au coeur de Haïti pour les réfugiés du séisme

Des réfugiés haïtiens du séisme du 12 janvier ont commencé à prendre possession de leur nouveau logement: des tentes installées dans un camp mis en place par la France et des ONG à Hinche, à 100 kilomètres au nord de Port-au-Prince.

Les autorités haïtiennes entendent amorcer un mouvement d’exode de la capitale, surpeuplée, vers la province.

“Le mouvement d’exode motivé par la frayeur, on ne peut pas dire que c’est une chance mais cela va servir de catalyseur pour corriger une anomalie dans la répartition de la richesse et développer des activités économiques en dehors de Port-au-Prince”, a déclaré vendredi Elizabeth Préval, l’épouse du président haïtien, qui a fait le déplacement jusqu’au camp.

La capitale surpeuplée, où s’entasse plus d’un quart de la population haïtienne dans un état de pauvreté extrême, déborde de 60 millions de mètres cubes de débris. Quelque 200.000 habitations et 25.000 commerces ont été détruits lors du séisme du 12 janvier.

Sur le terrain d’un lycée technique tenu, en pleine campagne, par le frère Franklin Armand, une figure religieuse en Haïti, de jeunes militaires de la Martinique et de la Guadeloupe, du Service militaire adapté (SMA), une forme de volontariat réservé aux départements d’outre-mer, ont commencé à installer une cinquantaine de tentes, sous le regard impatient d’une foule de réfugiés.

“J’ai tout perdu, mes soeurs, mes frères, ma famille. Il me faut un toit, je suis venue avec ce que j’ai sur moi”, dit Madaline Bernard, en montrant le T-shirt qu’elle a sur le dos. Comme d’autres, elle est revenue dans cette région du Plateau Central dont elle est originaire, et qu’elle avait quittée attirée par l’espoir d’une vie meilleure dans la capitale.

Deux autres camps sont prévus autour de la petite ville de Hinche pour loger quelque 2.000 personnes dans 200 tentes, à raison d’une dizaine de personnes par tente. L’approvisionnement en nourriture et en eau est prévu pour six mois et des outils, des machines à coudre, des ustensiles de cuisine doivent arriver pour aider à créer des emplois. Le Programme alimentaire mondial, Caritas, Acted, Entrepreneurs du Monde, entre autres, participent à l’opération.

“On essaye de susciter un exode à l’envers”, explique Alain Sauval, chef de la coopération française en Haïti, dans cette région enclavée à une heure de route goudronnée puis deux heures de piste de la capitale.

“On est là pour longtemps. On espère qu’on arrivera à aménager de manière harmonieuse le reste du pays”, a assuré l’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret. Les tentes ont une durée de vie de deux ans.

 

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