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Un chercheur français arrêté à Phoenix suite à l’usurpation de son identité

Victime d’une erreur judiciaire suite à une usurpation de son identité, Mourad Cherif, le directeur du département de physique à l’Institut Galilée de l’Université de Paris-XIII, a dû passer trois jours en prison à Phoenix, à la fin du mois d’octobre dernier. Il a alors reçu l’aide consulat de France à Los Angeles.

C’est LeParisien.fr qui révélait l’affaire le 8 novembre dernier. Mourad Cherif, un Français professeur-chercheur à l’Université de Paris-XIII (Villetaneuse) s’est fait arrêté à Phoenix en Arizona, le 30 octobre dernier, alors qu’il se rendait au Congrès mondial des matériaux magnétiques.

A sa sortie de l’avion, raconte-t-il dans les colonnes du quotidien, deux policiers du FBI sont venus l’attendre afin de lui “signifier son arrestation pour fraude à l’assurance et fausses déclarations à l’immigration.” Menotté, le directeur du département de physique à l’Institut Galilée depuis bientôt trois ans, a ainsi découvert qu’un mandat d’arrêt international avait été lancé contre lui en 2006 dans l’Iowa, par Interpol.

Alerté par l’Université de Paris-XIII, l’agent de permanence au consulat de France à Los Angeles, a alors mis en place le dispositif pour venir en aide aux ressortissants français qui se retrouvent dans cette situation. “Nous avons essayé d’avoir plus d’informations. Puis, nous avons envoyé Gerrit Stenblik, le consul honoraire de Phoenix, rendre visite à M. Cherif dans sa cellule, afin qu’il nous fasse un compte-rendu pour savoir comment il allait, mais aussi afin de vérifier si ses droits, celui d’avoir un avocat par exemple, étaient respectés “, explique David Martinon, le consul de France à Los Angeles.

Deux jours et trois nuits d’incarcération

En août 2001, un homme était entré aux Etats-Unis sous l’identité de Mourad Cherif, alors que celui-ci, comme l’indique LeParisien.fr, participait à un congrès de chercheurs à Grenoble. L’homme, apparemment en possession du passeport du scientifique, avait commis un délit en travaillant et en bénéficiant de prestations sociales.

“Nous avons alors compris que cette histoire était liée au vol de ses deux passeports (français et algérien, ndlr) en 1999, comme nous l’a confirmé la Direction générale de la police nationale en France en retrouvant les procès-verbaux du cambriolage et du vol de ses papiers”, souligne David Martinon.

“Il a fallu alors obtenir les pièces et les faire parvenir au juge avant qu’il ne soit transféré dans l’Iowa, où il était poursuivi pour fraude à la sécurité sociale.” En moins de 48 heures, les services consulaires ont ainsi réussi à se procurer les fiches de paie et d’autres documents comme la liste de ses publications scientifiques, prouvant que le prévenu ne pouvait se trouver aux Etats-Unis à l’époque des faits reprochés et qu’il était innocent.

Une fois ces documents transmis par son avocate, Loma Spencer, ainsi que la comparaison des photos établie entre celle de Mourad Cherif et celle qui avait été collée sur le passeport qu’on lui avait volé, le scientifique a été libéré, après ” deux jours et trois nuits d’incarcération”.

Dix détenus français de longues durées dans la circonscription de Los Angeles

Des situations d’usurpation d’identité comme celles-ci, David Martinon, en poste depuis trois ans, n’en n’avait pas connues. “Mais il y a des Français qui se font parfois emprisonnés. C’est très fréquent à Las Vegas, par exemple”, ajoute le représentant du gouvernement. Il se souvient par exemple d’un homme qui avait été arrêté pour avoir giflé à sa femme dans la Cité du Péché.

Alors quel est le champs d’action d’un consul aux Etats-Unis lorsque des ressortissants français se font mettre derrière les barreaux? “On ne peut pas aller contre les lois américaines, mais on est là pour vérifier si un détenu est en bonne santé, si on peut lui apporter des choses, être utile à la procédure en apportant des pièces nécessaires à la défense par exemple”, ajoute le représentant du gouvernement français.

Aujourd’hui, dans cette circonscription, le consulat de Los Angeles vient en soutien logistique à près de dix détenus français, condamnés pour de longues durées. Il leur envoie par exemple des livres ou des DVD, et parfois leur rend visite en cellule.

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