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Un Children’s Club bien trop sage

Le Children’s club a rassemblé du 4 au 6 octobre à New York les professionnels de la mode enfantine. C’était le dernier salon de la saison pour beaucoup d’exposants qui ont constaté une baisse sensible des commandes. Les marques français n’échappent pas à la tendance.

On n’a pas déroulé le tapis rouge cet automne pour les exposants du Children’s Club. La carpette jaune poussin qui habille les couloirs du salon a tout de suite  été identifiée par une responsable de marque : c’est celle, recyclée, du Fashion Coterie qui s’est également tenu au Javits Center, mais fin septembre.

Une remarque anecdotique mais aussi le symbole d’une année difficile. Car pour beaucoup d’exposants qui présentaient leur collection été 2010, l’ambiance traditionnellement feutrée d’une dernière journée de salon était surtout le reflet d’une réalité économique morose. Et de commandes qui dimimuent, de moitié pour certains. Le problème pour les  marques françaises étant de faire coïncider des prix avec un univers où se serrer la ceinture est la dernière tendance, même dans le haut de gamme.

« Clairement les gens sont déprimés », remarque Sandra Mishkin, responsable des marques Kiwi Saint-Tropez (maillots de bain et accessoires de plage pour hommes, femmes et enfants) et Chach, (vêtements d’été femmes, enfants) présentes – via environ 300 clients et agents – aux États-Unis depuis 5 ans.« Tout le monde espérait un petit élan de la consommation avec la rentrée scolaire, mais cela ne  s’est pas produit. On attend maintenant de voir ce qui va se passer à Noël ». Le plus gros du chiffre d’affaires pour Kiwi et Chach se fait justement au moment de la « livraison Cruise », c’est-à-dire au moment où les vacanciers, l’hiver, choisissent les destinations au soleil, dans les Caraïbes notamment. « Notre chance pour l’instant c’est que nos collections se vendent dans les hôtels de luxe, comme le Ritz Carlton. » « Mais, ajoute-t-elle, cette année, les réservations pour les stations balnéaires habituellement tres cotées sont très lentes. » La marque qui a dû s’adapter les premières saison aux standards américains– maillot de bain long pour les hommes, pas de monokini pour les petites filles etc – espère pouvoir compter sur ses tuniques assorties mères/filles.

Pascale Adelson-Harendt responsable des ventes de Petit Bateau concède également que « c’est généralement calme ». « Nos clients qui ont des boutiques dans la région du Tri-State (Connecticut, New Jersey, New York) sont venus mais ceux du Michigan ou de Philadelphie par exemple ont évité les frais de déplacement et font leurs achats sur photo », explique-t-elle.

La marque française, qui en 2007 faisait 40% de son chiffre d’affaires (260 millions d’euros) à l’internationale, est vendue aux États-Unis depuis 30 ans. Elle peut s’appuyer sur ses basics, les sous-vêtements et les pyjamas pour enfants, même si ces valeurs sûres ont dû subir le contrecoup non pas de la récession mais de la réglementation américaine qui impose depuis 2007 des restrictions sur la forme du pyjama. « Désormais, les pyjamas doivent être snug fit (moulant). Les « Dors Bien » ne sont pas vendus ici au-dessus de la taille 6 mois… Une vrai manque-à-gagner », commente Pascale Adelson-Harendt.  La star de la collection est une petite culotte aux motifs créés par Violette Janvier, inspirés du Liberty print.

Si, selon les habitués, le nombre d’exposants cette année semble avoir fondu – environ un quart de moins – le stand Kickers faisait sa première apparition au Children’s Club. La marque de chaussures aux pastilles verte et rouge est en train de se positionner, pour être présente avant le printemps aux États-Unis, en ligne et dans les boutiques souvent haut de gamme. « Ce genre de salon est vraiment important pour nous », souligne Antoinette Dagobert, vice-présidente de Kickers USA. « Plus que la presse professionnelle, c’est le meilleur moyen de se faire connaître auprès des détaillants américains. « À New York, les boutiques qui nous ont commandé des modèles, sont souvent tenues par des Français », remarque-t-elle, amusée.
Kickers compte également sur la célébration de son 40e anniversaire pour se faire remarquer sur le marché.

Lire aussi : Kckers fait son come-back aux Etats-Unis

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