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Un cinquième soldat français tué au Mali

Un soldat français a été tué et trois autres ont été blessés, samedi lors d’une mission de fouille dans le nord-est du Mali, ont annoncé dimanche l’Elysée et la Défense, ce qui porte à cinq le nombre des soldats français tués depuis le début de l’opération Serval, le 11 janvier.

Agé de 24 ans, le caporal Alexandre Van Dooren, du 1er régiment d’infanterie de marine d’Angoulême, a trouvé la mort quand le véhicule blindé dans lequel il se trouvait a sauté sur un engin explosif. Il était engagé au Mali depuis le 24 janvier. “Il mérite comme ses camarades l’hommage de toute la Nation, a déclaré à Toulouse le président François Hollande, qui a ajouté: “Je pense à sa famille et notamment à sa conjointe enceinte”.

Selon l’état-major des armées, trois soldats français ont été blessés par l’explosion, dont “deux assez sérieusement”. Ils ont été évacués vers l’antenne médicale de Tessalit et devaient être rapatriés ensuite vers la France. Les opérations françaises se poursuivaient dimanche dans la région. Dans un communiqué, le président François Hollande a salué la détermination des forces françaises “dans l’ultime phase, la plus délicate, de leur mission” au Mali. “C’est alors qu’il participait à une mission de fouille et de destruction de caches terroristes au sud de Tessalit, dans le massif des Ifoghas”, que le caporal “a vu son véhicule exploser sur un engin ennemi”, a indiqué pour sa part Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, également dans un communiqué.

L’incident s’est produit dans une vallée située au sud de celle d’Ametettai, le sanctuaire d’Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) dont les soldats français et tchadiens ont repris le contrôle début mars, à une soixantaine de km au sud de Tessalit. Samedi en milieu d’après-midi, alors qu’un peloton blindé progressait vers les sud, l’AMX10 de tête a été touché par une explosion, a précisé le porte-parole de l’état-major, le colonel Thierry Burkhard. L’AMX10 est un véhicule de combat à six roues équipé d’un canon de 105 mm.

L’incident n’a été suivi d’aucun accrochage avec des combattants islamistes réfugiés dans cette zone, a-t-il précisé. Selon le porte-parole, “deux caches de vivres et d’armes ont été découvertes et détruites” lors de l’opération. “Le pilote a été tué sur le coup puisque c’était lui le plus exposé”, les trois autres membres de l’équipage blessés sont “en cours de rapatriement vers les hôpitaux parisiens”, a annoncé le lieutenant-colonel Patrick Martini lors d’un point de presse à Angoulême devant le 1er Rima dont 370 soldats sur 700 sont engagés au Mali.

Il a fait part de “la forte émotion de l’ensemble du personnel du régiment”. Le décès est survenu alors que le 1er Rima organisait dimanche une journée d’information des familles. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a également rendu hommage dimanche au caporal tué au Mali.

Le caporal Van Dooren est le 5e militaire français tué au Mali et le premier victime d’un engin explosif (IED), depuis le début de l’opération. Trois d’entre eux sont morts courant mars, dans les Ifoghas et la région de Gao (nord). 1 200 soldats français et 1 500 tchadiens traquent actuellement les combattants islamistes dans le massif des Ifoghas. Des opérations qui “seront menées jusqu’à leur terme”, écrit le ministère de la Défense.

Les soldats tchadiens qui opèrent en coordination avec les français ont perdu pour leur part une trentaine d’hommes depuis le début des combats dans cette région montagneuse. Selon la défense, plus d’une centaine de combattants islamistes ont par ailleurs été tués lors des violents combats qui s’y sont déroulés depuis la mi-février. Environ 4 000 soldat français sont actuellement déployés au Mali, où ils ratissent notamment cette zone proche de la frontière algérienne.

Le président Hollande a annoncé le 6 mars une diminution du nombre des soldats français déployés au Mali “à partir du mois d’avril”. Dans son hommage aux victimes de Mohamed Merah dimanche à Toulouse, le chef de l’Etat a souligné le lien entre la lutte contre le terrorisme sur le territoire national et l’opération contre les groupes islamistes au Mali, où il a jugé que la France faisait “son devoir”.

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