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Un couvercle sous-marin pour contenir la fuite de brut de la plateforme

Un large couvercle sous-marin destiné à endiguer la fuite du puits de pétrole de la plateforme qui a sombré dans le golfe du Mexique était en cours de construction mardi au moment où une vaste nappe de brut menaçait les côtes de Louisiane.

“C’est un couvercle qui sera placé sur la fuite (au fond de la mer). Au lieu que le pétrole se déverse dans l’eau, il ira dans cette structure”, a expliqué un porte-parole des garde-côtes, Prentice Danner. “Ils viennent tout juste de commencer à travailler à la fabrication de ce couvercle et on estime que sa construction pourrait prendre deux à quatre semaines”, a-t-il ajouté. “Le couvercle permettrait de récupérer le pétrole et de le pomper en dehors”, a précisé M. Danner, remarquant qu’un tel dispositif n’avait “encore jamais été fait”.

Quatre robots sous-marins ont également été utilisés pour tenter de bloquer la fuite en fermant le bloc obturateur (valve de sécurité destinée à contrôler la pression, ndlr) du puits mais la construction de cette cloche semble être la meilleure solution à court terme.

La compagnie pétrolière britannique BP, qui exploitait la plateforme, envisage également de forer des conduits de secours destinés à injecter un enduit spécial pour boucher définitivement le puits. Mais cela pourrait prendre “deux à trois mois”, a observé un porte-parole des opérations sur place, Bill Salvin.

La nécessité d’arrêter la fuite est d’autant plus pressante qu’une nappe de pétrole de près de 4.800 km2 se trouvait à une cinquantaine de kilomètres des côtes de la Louisiane (sud des Etats-Unis), berceau d’un écosystème fragile composée de nombreux oiseaux aquatiques. Des experts américains ont indiqué que la nappe ne se dirigeait pas vers ces zones, soulignant toutefois que la situation pourrait évoluer en fonction du vent.

Selon BP, les fuites libèrent environ 159.000 litres de brut par jour. A titre de comparaison, la plateforme, nommée “Deep Water Horizon”, propriété de la société Transocean, contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait près de 1,27 million de litres par jour avant l’accident.

L’arrivée d’une marée noire sur la Louisiane pourrait avoir un “impact énorme”, a prévenu une spécialiste de l’environnement de cet Etat, Wilma Subra. “La nappe commencera par toucher les crustacés, les parcs d’huîtres et les poissons”, a-t-elle affirmé, soulignant que “40% des fruits de mer consommés aux Etats-Unis” provenaient de Louisiane.

La plateforme a coulé jeudi après une explosion et un incendie survenus le 20 avril au soir. Une semaine après l’accident, onze personnes étaient toujours portées disparues et les chances de les retrouver quasi nulles.

La femme d’un membre d’équipage disparu a porté plainte contre Transocean, BP et une autre compagnie concernée, Halliburton, les accusant de négligence, selon des documents judiciaires consultés mardi. “Après six jours, le corps de Shane Roshto n’a pas été retrouvé”, souligne la plainte, qui réclame un montant non chiffré de dommages et intérêts.

L’accident a assombri l’annonce mardi d’une envolée du bénéfice de BP au premier trimestre. Dans un message adressé à ses employés, le directeur général Tony Hayward a assuré les proches des onze disparus de son “grand chagrin et sa sympathie”. M. Hayward, qui est depuis la semaine dernière aux Etats-Unis, a également fait part de sa détermination totale à limiter l’impact de l’accident.

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