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Un duel Fillon-Copé pour la présidence de l’UMP

Sans surprise, la bataille pour la présidence de l’UMP va se résumer à un duel entre François Fillon et Jean-François Copé, les autres prétendants s’étant heurtés au lourd obstacle des parrainages d’adhérents requis pour concourir à l’élection du 18 novembre.

Les postulants ont jusqu’au coup de sifflet final, mardi à 20h, pour déposer leurs 7 924 précieux sésames. Mais après le forfait de Xavier Bertrand, qui a préféré passer son tour et se réserver pour la présidentielle de 2017, seuls l’ex-Premier ministre et l’actuel secrétaire général du parti ont pu franchir, haut la main, cette barre fatidique. M. Copé affirme avoir “plus de 30 000” paraphes, contre 15 000 pour M. Fillon, selon son entourage.

Seule femme en course, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui rêvait d’incarner une “troisième voie”, a reconnu dès potron-minet qu’elle n’était pas qualifiée, avec un peu moins de 7 000 formulaires au compteur. Le duel Fillon-Copé est “porteur de risques”, avec un “excès de testostérone”, a-t-elle regretté.

Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a admis qu’il n’avait pas non plus les parrainages requis. Et Bruno Le Maire, venu à la mi-journée déposer symboliquement ses “7 175” signatures, a lui aussi rendu les armes tout en se faisant fort de continuer à porter un “projet du renouveau” pour l’UMP. Tous trois se sont gardés, comme M. Bertrand, de prendre parti pour l’un ou l’autre des duellistes. “Bon courage” aux deux, “ce sera aux militants de trancher”, a lancé M. Le Maire, pourtant l’ami de M. Copé.

L’UMP a donc droit au scénario tant redouté par des ténors comme Bernard Accoyer ou Alain Juppé, qui craint un “combat fratricide” Copé-Fillon, peut-être aussi rude que la guerre Chirac-Balladur. Alors que piques et autres noms d’oiseaux sont déjà copieusement échangés entre chaque camp, les rivaux vont, pendant deux longs mois, se rendre coup pour coup pour tenter de succéder à Nicolas Sarkozy -fantôme de cette compétition tant il apparaît encore comme un recours- à la tête de la droite et devenir le chef de l’opposition à François Hollande. Si tous deux ont bien 2017 en ligne de mire -et le vainqueur de novembre marquera incontestablement des points précieux pour le match d’après-, leurs tactiques diffèrent.

Grand favori des sondages auprès des sympathisants UMP – seuls les militants encartés, soit un corps électoral d’à peine 260 000 à 280 000 personnes, éliront leur chef-, François Fillon, 58 ans, député de Paris, mise sur sa stature d’homme d’Etat acquise après cinq ans passés à Matignon pour s’imposer et voit dans le congrès de l’UMP “une primaire avant l’heure” pour 2017.

Face à lui, Jean-François Copé, 48 ans, député-maire de Meaux, déconnecte les deux scrutins, colle au maximum à Nicolas Sarkozy, toujours aussi populaire à droite, tout en faisant une campagne à la Chirac: jouer la carte du terrain en se posant en “candidat des militants”, là où son rival serait celui des “barons” comme naguère Edouard Balladur. Les deux camps se livrent une guerre psychologique: les fillonistes égrènent chaque jour les ralliements de pointures UMP tandis que les copéistes agitent l’arme des parrainages.

M. Copé a voulu frapper un grand coup avec ses “plus de 30 000” sésames (peut-être 40 000 au final, clame son entourage) qu’il fera authentifier par huissier, convaincu que cet afflux peut marquer un tournant dans la campagne et créer un effet d’entraînement. “On ne fait pas le concours du plus gros tas !”, a raillé Laurent Wauquiez (pro-Fillon). Surtout, M. Fillon y voit la preuve du “déséquilibre” des moyens avec son rival, accusé, en tant que secrétaire général, d’avoir eu “accès au fichier” des militants là où les autres postulants, dont lui-même, “ont dû jongler avec des bouts de ficelle”. Face à la gauche, les deux hommes risquent aussi de faire de la surenchère comme sur la manifestation antiaméricaine à Paris ou le droit de vote des étrangers aux élections locales.

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