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« Un film français parlera au public américain s’il a une dimension universelle »

Le festival de films français Col.Coa a débuté lundi 20 avril à Los Angeles et se poursuit jusqu’au 27 avril. Pour cette treizième édition, François Truffart, son directeur, revient sur la programmation 2009 et sur les spécificités du cinéma français aux États-Unis.

Pourquoi et comment est né le festival ?

Le Festival Col.Coa (ndlr, « City of Lights City of Angels ») a été créé il y a tout juste 13 ans pour promouvoir le cinéma français aux États-Unis. C’est une organisation financée par un fonds culturel franco-américain auquel contribuent notamment la SACEM (Société des Auteurs et Compositeurs Musicaux) côté français et la DGA (Director Guild of America, le syndicats des réalisateurs) et la WPA (Motion Picture Animation, association qui défend les intérêts de l’industrie du cinéma américain en dehors des États-Unis) côté américain.

Comment sélectionnez-vous les films à l’affiche ?

Le choix des films est un processus très long. Je commence à les sélectionner presqu’un an avant le festival. Le but est de présenter le panorama d’un an de production française. Autre critère de sélection : le film doit être une première à Los Angeles.

Quels types de films français plaisent au public américain ?

Un film parlera au public américain s’il a une dimension universelle, s’il ne fait pas trop de références spécificiquement françaises, extérieures au film. Les films qui marchent à Hollywood sont ceux qui font appel à des références que le grand public connaît. Cette année par exemple, nous projetons Le Premier jour du reste de ta vie d’un jeune réalisateur français, Rémi Besançon. Le film fait allusion à Mai 1968 de façon suffisamment explicite pour être vu et compris par le public américain.

La comédie est aussi un genre qui a beaucoup de succès aux États-Unis.

Oui, c’est amusant parce que certaines comédies qui ont fait un flop en France connaissent parfois un véritable succès aux États-Unis. C’est effectivement un genre très respecté et admiré ici parce que c’est assez difficile à réaliser. Les films de Francis Weber par exemple, sont considérés comme du cinéma d’auteur aux États-Unis alors qu’en France ils sont classés dans la catégorie comédie populaire.

Comment se porte le cinéma français aux États-Unis ?

Plutôt bien. Le marché américain est le premier à l’export pour le cinéma français. Mais il faut savoir que ce chiffre est quelque peu biaisé par le succès de certains films français. Je veux dire que certains films font énormément d’entrées et permettent donc d’avoir des résultats convenables d’un point de vue global. Taken (Ndlr, réalisé par le réalisateur français Pierre Morel et produit par le Français Luc Besson, mais avec des acteurs américains) en est un exemple parfait. Je suis très admiratif de Luc Besson, qui a tout à fait le sens de la production « à l’américaine ». Cela lui permet d’être au box-office dans un pays étranger, qui plus est aux États-Unis où la grosse machine hollywoodienne domine.

Les films au programme ont-ils déjà été achetés par des distributeurs américains au moment de Col.Coa ?

Il y a deux cas de figure : soit les films présentés ont déjà été achetés et dans ce cas, Col.Coa est l’occasion pour les distributeurs américains d’en faire la promotion. Soit les films sont encore sur le marché. Le public du festival est composé à 70 % de gens de l’industrie du cinéma. Col.Coa est donc une bonne plate-forme promotionnelle pour le film français. Cette année, nous avons choisi par exemple Je l’aimais (de Zabou Breitman) qui n’a pas encore été acheté. En revanche, Séraphine (de Martin Provost), Mesrine (de Jean-François Richet) ou La Fille de Monaco (d’Anne Fontaine) pour en citer quelques-uns sont déjà entre les mains de distributeurs américains.

Vous avez créé l’année dernière une selection « Col Coa High School ». En quoi consiste-t-elle ?

Avec « Col.Coa High School », nous avons souhaité promouvoir une nouvelle génération de spectateurs américains pour les films étrangers. En 2008, 2400 élèves des collèges du comté de Los Angeles sont venus à la projection de Bienvenue chez les Ch’tis. Ils ont adoré. Pour certains d’entre eux, c’était la première fois qu’ils voyaient un film sous-titré. Le film choisi est d’abord soumis au jugement de la MPA (Motion Picture Association) qui décide s’il est peut être accepté dans la catégorie G (General Audience Rating, film pour tous les âges, sans nudité). Les critères de sélection sont très stricts : par exemple, un film qui comporterait trop d’injures ne pourra pas être sélectionné. J’ai choisi cette année Bouquet final avec Didier Bourdon ; c’est une comédie très touchante et drôle qui devrait plaire aux jeunes.

 

Infos pratiques :

Festival Col.Coa: http://www.colcoa.org

The Directors Guild Theater Complex
7920 Sunset Blvd.,
Los Angeles, CA 90046

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