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Un finaliste du Renaudot autoédité : du jamais vu dans les prix littéraires

Coup médiatique ou coup de chapeau à l’auteur, le jury du Renaudot, qui sera décerné lundi, a pour la première fois dans l’histoire des prix littéraires sélectionné un livre autoédité, “L’homme qui arrêta d’écrire” de Marc-Edouard Nabe.

Lire aussi la chronique de Jean Le Gall en cliquant ici.

L’écrivain de 51 ans, à la réputation sulfureuse et qui ne trouve plus d’éditeur, a confectionné son roman de façon traditionnelle, s’entourant d’un compositeur, d’une correctrice et d’un graphiste. Il a fait fabriquer le livre en offset dans une imprimerie de Grenoble sur un papier de qualité.
Bien avant lui, parmi les écrivains les plus célèbres, Proust avait publié le premier volume de “La Recherche du temps perdu” à compte d’auteur, ou encore Montherlant.

Autoédité en janvier, L’homme qui arrêta d’écrire, un ouvrage de 695 pages, est mis en vente pour 28 euros uniquement sur la plateforme Marcedouardnabe.com, créée pour l’occasion et distribuée par Topplers, un grossiste spécialiste de disques vinyles. Le livre a été tiré à ce jour à 8.000 exemplaires et vendu, selon l’auteur, à 5.000.
De son vrai nom Alain Zannini — il est le fils de Marcel Zannini, jazzman et auteur du tube “Tu veux ou tu veux pas” en 1970 –, Marc-Edouard Nabe avait déjà figuré en 2002 dans la sélection du Goncourt, avec son livre “Alain Zannini”. Il était alors publié aux éditions du Rocher. “Nous sommes plusieurs à penser dans le jury que c’est un bon écrivain, même si ce n’est pas un raz-de-marée. Le sélectionner, c’est une réaction contre l’ostracisme dont il est victime, peut-être de son fait”, dit à l’AFP Franz-Olivier Giesbert, l’un des jurés du Renaudot. “Nous avons passé l’âge de juger les auteurs. On s’intéresse aux livres. Et Nabe est quelqu’un qui a construit une oeuvre, tout seul”, poursuit-il. “C’est bien sûr un challenger au côté de Robert Solé ou Virginie Despentes”, déclare le romancier et journaliste.
“Le Renaudot est un peu considéré comme l”anti-Goncourt’, censé réparer les fautes de l’autre Prix”, ajoute-t-il. “C’est ce qui s’est passé quand il a couronné Céline ou Aragon, en dépit de leur odeur de soufre à l’époque”, dit M. Giesbert.

 

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