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Un Français marié à une Américaine expulsé des États-Unis

Jeudi 12 novembre, Murat Celebi-Ariner a été renvoyé en France par les services d’immigration américains. En dépit de son mariage à une Américaine, le citoyen français séjournait illégalement à San Francisco depuis cinq mois.

« Je n’ai pas beaucoup d’affection pour mon pays, en ce moment », confie Pelin Celebi-Ariner, encore sous le choc de l’expulsion de son mari. « Ils ne m’ont même pas laissé le prendre dans mes bras »,  raconte-t-elle. « J’ai dû lui dire au revoir à travers une vitre pare-balle, comme si c’était un criminel ». Murat Celebi-Ariner, plus connu par les San Franciscains sous le nom de « Amuse-bouche guy », était vendeur ambulant de pâtisseries dans le quartier de Mission. Ses muffins et mini-quiches à un dollar lui avaient valu une petite renommée gastronomique auprès des ventres vides et des poches peu remplies de tout le quartier. Il vivait avec Pelin, écrivaine et citoyenne américaine, depuis le mois de mars à San Francisco.

Expulsion vers la France

Le problème, c’est que le couple ne s’était marié qu’après expiration de la période à laquelle Murat était légalement autorisé à séjourner sur le territoire américain. En effet, le programme d’exemption de visa signé par les États-Unis avec environ 35 pays, dont la France, autorise les étrangers à rentrer sur le territoire sans visa, à condition qu’ils s’engagent à repartir sous 90 jours et à ne pas travailler aux États-Unis. Le 28 octobre dernier, les services d’immigration américains sont donc venus chercher Murat à son domicile. Après deux jours dans les locaux du ICE (Immigration and Customs Enforcement), il était transféré à la prison du comté de Yuba, à 200 kilomètres au nord de San Francisco. Expulsé jeudi dernier, le Français de 37 ans est retourné vivre chez ses parents dans la région parisienne. Murat est désormais passible de cinq ans d’interdiction d’entrée sur le territoire américain. S’il obtient une dérogation, il pourra postuler pour une carte de séjour depuis l’ambassade des États-Unis à Paris. Mais Pelin et Murat ne sont plus très sûrs de vouloir encore vivre aux États-Unis et envisagent de s’installer en France.

Une arrestation inhabituelle
« C’est la première fois que je vois les services d’immigrations expulser des personnes qui sont restées au-delà de la période prévue par leur exemption de visa », explique Randall Caudle, l’avocat de Murat Celebi-Ariner. D’après lui, les personnes bénéficiant d’exemption de visa constitueraient des cibles particulièrement faciles à repérer : « Comme ces gens fournissent une adresse au moment de leur entrée sur le territoire, à expiration de leur durée de séjour autorisée, les services d’immigration n’ont aucun mal à les trouver. En plus, ce statut donne à ICE juridiction exclusive sur eux. En signant cette exemption de visa, ils ont renoncé à leur droit à un procès devant un juge en cas de litige. » Depuis que Barack Obama a appelé en avril dernier à limiter les arrestations de travailleurs sans-papiers, les services d’immigration auraient pris l’initiative de se tourner vers d’autres catégories d’immigrés clandestins, comme les personnes ayant dépassé la durée de validité de leur visa.

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