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Un Français veut aider à suivre l’avancée de la marée noire

Cartographier avec une grande précision le littoral de la Lousianne, et localiser ainsi la pollution au pétrole au fil des marées : c’est ce que permettrait le système Shoals-1000. Explications avec le Français Antoine Cottin, chercheur à l’université de Southern Mississipi, qui développe la technologie Shoals-1000 avec l’armée américaine.

Shoals-1000 (shoal signifiant fond marin) est un système laser embarqué sur un avion, qui mesure les distances à la fois dans les fonds marins et dans les zones émergées. « C’est un outil qui permet de cartographier très précisément des zones côtières, qu’il s’agisse des bords d’une mer ou d’un lac », résume Antoine Cottin.

Cet ancien plongeur professionnel a fait des études de géologie en France, mais a passé son doctorat au Québec, puisqu’à 27 ans il était considéré « trop vieux » pour la France. Après sa thèse sur le Shoals-1000, l’université de Southern Mississippi (dans l’état voisin de la Louisiane) lui a offert un poste permanent pour poursuivre le développement de cette technologie, en partenariat avec une entreprise privée et l’armée américaine.

Selon lui, « l’armée se sert du Shoals-1000 pour cartographier les côtes américaines. Mais le système est déjà beaucoup utilisé sur le littoral de la Louisiane, qui bouge beaucoup. Avant et après chaque ouragan, les côtes sont cartographiées, pour suivre l’évolution de cette zone ».

D’où l’idée d’employer à nouveau le système dans la région, mais cette fois pour localiser les zones du littoral touchées par la marée noire.
« J’ai posé la question au corps d’ingénieurs de l’armée avec qui je travaille, et je pense qu’ils vont déployer Shoals-1000 dès que la nappe de pétrole aura touché la terre. Mais la décision ne m’appartient pas. Il faut une volontée politique et économique, car utiliser ce système pour suivre la marée noire représente du temps et de l’argent ».

Reste que selon le chercheur, Shoals-1000 représenterait un outil précieux : il couvre à 100 % une zone de 180 mètres de large autour de l’avion qui le transporte, et offre une précision métrique.

« Il faut environ une semaine pour couvrir toute la zone concernée par la marée noire. Mais la nappe ne touchera qu’une portion de la côte, donc la surveillance sera plus rapide et plus réactive », juge Antoine Cottin.


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