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Un iceberg de 250 km2 s’est détaché d’un glacier arctique

L’immense bloc de glace de plus de 250 km2 détaché d’un glacier arctique ne présente pas de risques immédiats pour la navigation ou l’exploration pétrolière au large du Canada, a indiqué mercredi à l’AFP la météorologiste canadienne qui l’a découvert sur ses photos satellite.

S’il peut potentiellement menacer des bateaux ou des plate-formes pétrolières, y compris s’il se brise, comme on le prévoit, en plusieurs gros morceaux, le danger n’est pas imminent: l’île flottante devrait mettre “entre un et deux ans pour atteindre la côte est du Canada”, a précisé Trudy Wohlleben qui a découvert le bloc de glace la semaine dernière. Et là, il y a des fortes chances pour que les eaux plus chaudes et les grandes vagues des tempêtes de l’océan Atlantique la brisent en plusieurs morceaux. De toute manière, de nos jours les bateaux ne risquent pas le sort du Titanic. Grâce aux photos satellite, ils sont avertis de la présence d’icebergs dans leur voisinage.

Quant aux plate-formes pétrolières, elles ne peuvent pas se déplacer, mais peuvent envoyer des remorqueurs qui repoussent les blocs de glace, a expliqué la spécialiste. Parti du glacier Petermann dans le nord au Groenland, l’iceberg géant est quatre fois plus grand que l’île de Manhattan à New York. Il mesure entre 250 et 300 km2, selon les méthodes de mesure utilisées, a précisé Mme Wohlleben qui porte le titre de “prévisionniste des glaces” au Service canadien des glaces, dépendant du ministère de l’Environnement. En six jours, il s’est déplacé sur une dizaine de kilomètres et dérive vers le détroit de Nares, mais il lui faudra encore une semaine pour qu’il sorte du fjord où il se trouve. Dans le détroit de Nares se trouvent plusieurs petites îles et il pourrait se briser sur elles, a encore indiqué la météorologiste. Et, si l’on se réfère à un phénomène similaire de 2008 – mais à l’époque le bloc de glace était dix fois plus petit, mesurant 25 km2 – il lui faudra entre un et deux mois pour que, poussé par les courants, il sorte dans la baie de Baffin. Mme Wohlleben n’a pas voulu se prononcer sur le lien de cause à effet entre le réchauffement climatique et l’apparition de cet iceberg géant, le premier de cette taille depuis plusieurs décennies. “C’est difficile à dire, il y a tellement de facteurs qui ont pu y contribuer”, a-t-elle dit, citant des vagues de glace descendant de la calotte glaciaire du Groenland et la circulation des eaux de l’océan autour de la partie du glacier plongée dans le fjord.

La date exacte du détachement du bloc de glace du Groenland n’est pas connue avec précision. “Le 3 août, il n’était pas là. Ensuite, les nuages ont empêché la prise d’images. Et, le jeudi 5 août je l’ai vu le matin”, a raconté Trudy Wohlleben dont le travail consiste entre autres à exploiter les images fournies par plusieurs satellites. Elle croit que d’autres phénomènes similaires pourraient se produire prochainement dans l’Arctique : “Avant la fin de l’été, on s’attend à d’autres brisures, mais on ne sait pas où exactement elles se produiront”.

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