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Un invité d’honneur à France Inter

L’ancien président démocrate des États-Unis, Bill Clinton, était au micro de Nicolas Demorand vendredi matin à l’occasion de la sortie de son nouveau livre. 

C’est un Bill Clinton philanthrope qui est arrivé en France faire la promotion de son nouveau livre. Il est venu pour faire passer deux messages : l’État est un acteur majeur, notamment pour les politiques sociales, et les citoyens peuvent et doivent se mobiliser. Invité sur France Inter au micro de Nicolas Demorand, il a soutenu que "l’État et la philanthropie sont complémentaires".

À la question du journaliste : "ce que vous faites aujourd’hui, auriez-vous pu le faire quand vous étiez président ?", il répond que deux millions de microcrédits avaient été accordés aux entreprises mais qu’il avait été difficile de faire mieux avec un Congrès aux mains des républicains. Il souligne le rôle important joué par son épouse qui a longtemps travaillé dans la société civile et avec des associations, et qui l’a aidé à être "probablement le premier président américain à avoir rencontré des dirigeants d’Organisations Non-Gouvernementales (ONG)".

Lorsque Nicolas Demorand demande à son invité si on entendra encore un homme politique dire "donner et accepter peut-être une hausse des impôts car l’Etat est un outil de l’action public", Bill Clinton répond : "j’espère". Il développe ensuite l’idée peu courante pour un président occidental que la baisse des impôts pour les milieux les plus aisés à cinq reprises a été une "erreur fondamentale". D’autant plus que des dépenses ont été augmentées pour des soldats "dans la situation difficile que vous connaissez" évoquant subtilement la guerre en Irak.

Comment interviewer un ancien président américain sans évoquer la lutte contre le terrorisme que Bill Clinton qualifie dans son livre de grand défi de la planète ? Il confie que "depuis la fin de la guerre froide, nous aurions mieux fait de consacrer plus d’argent à l’aide publique au développement que dans le budget militaire". Il évoque des chiffres très significatifs : un budget militaire américain de plus de 500 milliards de dollars par an, deux milliards de dollars que son pays dépense chaque semaine pour la guerre en Irak, et (seulement) 40 milliards de dollars de plus qui suffiraient à aider 40 millions de personnes dans le monde. Il donne sa définition du terrorisme : "une tactique employée par ceux qui pensent que la seule façon de surmonter la pauvreté, l’humiliation et d’arriver à leurs petits objectifs est de tuer des gens qu’ils estiment être sur la mauvaise voie". "Aujourd’hui, nous savons comment sortir les gens de la pauvreté" affirme Bill Clinton d’un ton assuré, et s’il a écrit son livre, c’est pour insister sur le fait que "le moment est venu de faire des dons parce que l’argent peut être utile".

Sur la récente proposition de Nicolas Sarkozy à propos d’un "New Deal écologique et économique", l’ancien président américain dit : "j’aime bien l’idée". Et il évoque les trois grands problèmes du monde : les inégalités (de revenus, dans l’éducation, dans la sante), l’instabilité avec le changement climatique et la question de l’identité.

Lorsque le journaliste lui demande comment se porte la démocratie américaine, Bill Clinton répond, amusé : "elle se porte bien, merci : de plus en plus de personnes participent au processus électoral". Et d’ajouter : "aujourd’hui, plus d’Américains sont prêts à voter pour un candidat capable de restaurer l’image du pays".

Dans son livre, Bill Clinton affirme qu’il ne fait plus de politique. Il rectifie ses propos à l’antenne: "j’en fais un peu pour aider mon épouse, j’aide mon parti pour les élections mais mon activité principale est ma fondation (www.clintonglobalinitiative.org)".

À quelques mois de la  prochaine élection présidentielle américaine où Hillary Clinton est candidate pour le parti démocrate, Nicolas Demorand ne peut s’empêcher d’évoquer son épouse. "On nous a dit qu’Hillary écoutait votre interview radio : vous avez un message pour elle ?". Ce à quoi Bill Clinton répond tendrement : "tu t’en sors bien, je t’aime de tout mon cœur".

Donner : comment chacun de nous peut changer le monde, de Bill Clinton, éd. Odile Jacob

Pour écouter l’intégralité de l’interview de Bill Clinton diffusée vendredi matin sur France Inter :
www.radiofrance.fr/franceinter/ev/fiche.php?ev_id=220

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