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Un jour, j’irai à New York avec toi

En pleine tournée mondiale pour son album “Grizzly, ça s’est vraiment moi”, Louis Bertignac a fait escale à New York. Il s’est produit au Hiro Balroom, puis au consulat de France.  Une première ! Jamais les salons du consulat n’avaient connu soirée pareille. Du rock pur et dur qui a fait trembler les lustres. Avec en prime, une interview exclusive de Louis Bertignac pour France-Amérique. Il s’est confié comme rarement.

Ca fait quoi de se produire à NY ?

J’adore chanter à l’étranger, depuis toujours et je le fais autant que je peux. Mais New York évidemment, c’est une grande histoire. C’est là  qu’est né le Rock and Roll. Le mot Rock’n Roll est apparu ici, à l’époque de Chuck Berry et ces gens là, c’était… mon année de naissance : en 1954. Je vais pas dire que je rend à César ce qui lui appartient, mais c’est toujours un plaisir, parce que ici, c’est un  public qui aime le Rock.

New York, c’est une ville où j’ai débarqué à 16 ans, 17 ans… et je suis tombé amoureux. J’étais hébergé dans le Bronx, j’ai failli rester.

A l’époque de Téléphone et ensuite, vous avez enregistré et produit plusieurs fois des morceaux à New York. Sur le plan musical, les conditions sont-elles particulières ici ?

Techniquement, il n’y a pas grand chose que l’on ne trouve pas ailleurs, les studios se valent. Mais c’est vrai que, par exemple, il y a le studio Electric Lady, le studio de Jimmy Hendrix, j’ai travaillé pendant deux trois moi là-bas. C’est des sensations.

En mars dernier est sorti votre nouvel album “Grizzly, ça c’est vraiment moi”, c’est un album surprenant…

Oui, il est différent de ce que j’ai fait jusqu’ici. C’est l’histoire d’une rencontre avec un copain qui a pris en charge les choses (Martin Messonier a produit les morceaux, ndlr), alors que depuis longtemps, vu que je sais me servir des studios d’enregistrements, je me produisais tout seul.

Vous avez aussi confié l’écriture des paroles à Boris Bergman, c’est nouveau pour vous de déléguer une partie du travail, pourquoi ce choix ?

Parce que j’ai compris que c’était trop pour un seul homme de tout faire. C’est bon pour l’égo, mais pour le résultat c’est pas terrible… Je me suis souvenu de l’époque de Téléphone où je me concentrais sur ce que j’avais vraiment à faire, sur mon truc.

Et votre truc, c’est les riffs de guitare…

C’est Martin Messonier qui m’a conseillé de construire cet album sur des riffs. Ca s’est très bien passé. Les riffs sont arrivés en trombe. Ce qui a été vraiment différent de tous les albums que j’ai fait jusqu’à présent, c’est qu’il a été enregistré en une journée, alors que d’habitude il me fallait au grand minimum trois semaines.

On retrouve celui que vous êtes sur scène, vous vous lâchez…pourquoi vous ne vous êtes pas lâché comme cela avant ?

J’en sais rien. J’avais oublié que c’était ça ma qualité : me laisser aller. Je reviens au rock brut : guitare, basse, batterie, 1,2,3,4…

D’où vient l’énergie qu’il y a dans cet album ?

Ca peut correspondre à une période de ma vie où j’avais besoin d’expulser certaines choses… ça vient aussi tout simplement de l’enregistrement “live”.

J’ai découvert des choses au niveau de ma voix aussi, elle est sale maintenant. J’essayais toujours de crier de plus en plus en espérant qu’un jour elle deviendrait rauque, mais en fait, y’a pas de miracle, elle a été rauque à partir du moment où j’ai voulu la rendre rauque. C’est tout.

Pour les paroles, vous avez laissé entière carte blanche à Boris Bergman ?

Pratiquement. J’ai eu envie de dire certaines choses…

Quoi ?

Dire deux ou trois trucs à une ou deux personnes que je connais…

Régler des comptes ?

Oui. La colère c’est bien pour faire du Rock’n Roll.

Donc, il y a des chansons à message et ils se reconnaîtront ?

Oh oui ! J’ai raconté ma vie à Boris Bergman (le parolier, ndlr) pendant deux après-midi, vite fait. On a parlé des femmes, de la vie. Il savait l’état dans lequel je me sentais.

Comment définir cet état ?

Une grande deception… J’ai été très déçu par une personne que j’aimais. Une personne que je vénérais. Tout à coup, elle s’est révélée complètement con.

Tu t’en es apercu au bout de longtemps ?

Au bout de plusieurs années ! Je me suis senti trahi. J’ai realisé qu’elle s’était moqué de moi et je ne m’en étais pas rendu compte. Ca m’a vraiment énervé, j’étais très en colère..

Alors oui, dans cet album il y a de la déception, mais en même temps une grande envie de s’éclater : après ce moment terrible, il y a eu, au bout de quelques jours, un réflexe. Soit tu t’effondres, soit tu t’effondres pas. Tu vas pas t’effondrer, parce que  il te reste 20 ans à tout casser à vivre, c’est ta dernière ligne droite, il faut que ce soit un feu d’artifice, il faut que ça brille et que tu t’éclates.

Ce disque, c’est un tournant dans votre vie musicale ? A partir de maintenant, il y a un nouveau Bertignac ?

Oui, j’en suis quasiment certain. J’ai pris cette direction. Je vais prendre cet album comme base, et je vais l’agrémenter par un peu plus de mélodies.

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