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Un Klein d’œil passionné à l’Amérique

De passage à San Francisco pour présenter à l’Alliance française sa série documentaire L’Amérique dans tous ses états, l’acteur et présentateur Gérard Klein nous a accordé quelques minutes. Débordant d’enthousiasme et d’anecdotes savoureuses, le comédien ne se lasse pas de partager son émerveillement pour les mille personnages impromptus rencontrés sur la route.

Comment est née l’idée de cette série documentaire L’Amérique dans tous ses états ?
Je me suis réveillé un matin avec l’idée de ce jeu de mots entre les États d’Amérique et l’expression « dans tous ses états ». Je ne connaissais pas du tout l’Amérique, je n’étais allé qu’à New York. En France, on ne connaît pas les États-Unis ou bien on raconte beaucoup de conneries. Les journaux ne parlent que des grands événements, des hommes politiques ou des catastrophes, mais jamais des gens. J’ai dit à Laurent Le Gall, mon cadreur : « Il faudrait aller dans tous les états et faire des portraits ». Moi, je ne suis pas un intellectuel, je ne suis pas cultivé, je suis plutôt en friche, mais j’aime bien ressentir les choses. On en a parlé à la société Bo Travail qui produit les reportages d’Antoine de Maximy, puis on a discuté avec la chaîne Voyages. Ça les a intéressés, et ils nous ont commandé dix épisodes.

Comment se passe le tournage ?

Nous sommes partis à trois avec Laurent qui est cadreur et son ami de toujours, Grégory, qui est monteur. On tourne et on monte le soir-même, dans la foulée. On roule beaucoup en voiture, on prend des avions, on avale des kilomètres, on accumule la fatigue, on connaît les chiottes de tous les aéroports par cœur, on mange des sandwiches de station-service. Les pires, c’est moi qui les mange, parce que j’essaye tout… C’est un peu toujours le bordel, mais on s’amuse. Il nous faut à peu près trois semaines pour couvrir deux États. Pour l’instant, on en a réalisé six sur les dix. Si ça marche bien, notre idéal, ce serait de faire les cinquante États en terminant dans le jardin bio de Michelle Obama pour bêcher son jardin.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris, ou le plus enchanté dans votre périple ?
Je n’avais pas d’a priori, je ne m’étais rien inventé dans ma tête. Dans chaque État où on va, on nous dit : « Ici, c’est pas l’Amérique, c’est différent ». Chaque État a une identité propre. À San Francisco, on n’est pas dépaysé. On est allé dans le Dakota du Sud chez mon ami Dan O’Brien qui est écrivain. Il y avait beaucoup de Cheyennes avant mais aussi plein de Français. En Louisiane où il y a un sacré mélange, on nous disait « là, tu vois, c’est pas tout à fait l’Amérique »… et en fait, tous ces États qui sont vraiment différents les uns des autres constituent l’Amérique. Et c’est ça qui est intéressant : c’est que c’est la population la plus métissée du monde. En nous baladant, on nous a beaucoup parlé des Cajuns, et des Français, parce qu’il y en a eu partout aux États-Unis. Dans l’Idaho, à Sun Valley, on a rencontré un Français qui a entraîné l’équipe féminine de ski américaine il y a 25 ans, et on a vu une photo de lui avec Clint Eastwood… Il nous a dit « Ben oui, c’est mon meilleur pote ». On a aussi rencontré un vieil Américain de 92 ans qui a connu Hemingway et Gary Cooper.

Et qu’est-ce qui vous a le plus marqué en Californie ?
Ce sont des rencontres ! D’abord Eugene Tsui qui est un architecte sino-américain de 53 ans qui a des idées incroyables de constructions, qui prend les insectes comme exemple. Il est aussi pour la cinquième fois champion du monde de boxe dans sa catégorie. Et puis Marco Senghor, qui est franco-sénégalais et qui tient un bar-restaurant-salle d’exposition dans le quartier de Mission.

Infos pratiques :
L’Amérique dans tous ses états – la Californie : projection le vendredi 5 mars à 18 h à l’Alliance française de San Francisco.
Réservez vos places : http://www.afsf.com/gerardklein.shtml

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