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Un Oscar country pour Jeff Bridges

La statuette de meilleur acteur décernée dimanche à Jeff Bridges couronne, après 40 ans de carrière et cinq nominations aux Oscars, l’une des “belles gueules” les plus appréciées d’Hollywood, au parcours éclectique et émaillé de nombreux succès.

Ironie de l’histoire, Jeff Bridges, 60 ans, avait d’abord dit non à “Crazy Heart”, qui lui a valu dimanche soir une ovation debout du gratin d’Hollywood.

C’est seulement lorsque le musicien et producteur T-Bone Burnett a été associé au projet que l’acteur a accepté de revenir sur sa décision et d’interpréter Bad, ce chanteur de country raté et irascible qui tombe amoureux d’une journaliste (Maggie Gyllenhaal) dont il pourrait être le père.

T-Bone Burnett, référence musicale du film, a écrit plusieurs chansons originales pour l’acteur et lui a fait écouter une sélection de morceaux qui auraient influencé la personnalité musicale du personnage de Bad.

“Il a vraiment fait quelque chose de formidable”, déclarait récemment Jeff Bridges à la presse. “Il m’a donné une sélection de musiques qu’aurait pu écouter Bad s’il avait grandi à Fort Worth, Texas, d’où T-Bone est originaire”.

“Ce serait Bob Dylan, Leonard Cohen — pas seulement la musique country. Du coup, Dylan a été un modèle pour moi. Ainsi que (le chanteur de country) Kris Kristofferson, évidemment”, ajoutait-il.

Montant sur scène pour récupérer sa statuette, Jeff Bridges, rayonnant, a rendu hommage à ses parents. “Merci Papa, merci Maman, de m’avoir entraîné dans une profession aussi super!” a-t-il lancé. Ses parents Dorothy et Lloyd étaient en effet des comédiens professionnels et son frère Beau a aussi fait carrière à Hollywood.

Jeff Bridges a fait quelques apparitions à la télévision avant d’exploser sur grand écran dans “La Dernière séance” (1971), le chef-d’oeuvre de Peter Bogdanovich, qui lui vaut une première nomination à l’Oscar du meilleur acteur.

En 1974, il décroche une deuxième nomination pour “Le Canardeur” de Michael Cimino, qu’il retrouvera en 1980 pour “Les Portes du paradis”.

Après une nouvelle version de “King Kong” (1976), qui révèle également la jeune Jessica Lange, il connaîtra son premier succès international avec “Tron” (1982), le film culte de science-fiction des studios Disney.

Travaillant avec les plus grands noms du cinéma — John Frankenheimer, John Huston, Francis Ford Coppola… — Jeff Bridges s’illustrera encore dans “Starman” de John Carpenter (1984), qui lui vaut une troisième sélection à l’Oscar, “Susie et les Baker Boys” (1989) avec Michelle Pfeiffer ou encore “Fisher King, le roi pêcheur”, de Terry Gilliam (1991).

Mais c’est sans doute au rôle de Duc, le héros paresseux et velléitaire du film culte des frère Coen “The Big Lebowski” (1998), que son nom reste attaché, malgré les succès qu’il enchaîne pendant la décennie suivante: “Manipulations” (2000, quatrième nomination à l’Oscar), “K-Pax, l’homme qui vient de loin” (2001), “Pur-Sang, la légende de Seabiscuit” (2003), ou “Tideland” (2005).

Après avoir été l’infâme Obadiah Stane dans “Iron man” (2008) et avoir partagé l’affiche avec George Clooney, Ewan McGregor et Kevin Spacey dans “Les Chèvres du Pentagone” (2009), il sera au générique de “Tron, l’héritage”, dont la sortie est prévue par Disney à la fin de l’année.

 

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