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Un parti sans programme pour Dominique de Villepin

L’ancien Premier ministre a annoncé jeudi la création d’un mouvement politique en juin, affirmant encore davantage son ambition pour la présidentielle de 2012, en se livrant à un réquisitoire contre la politique de réformes “tous azimuts” de Nicolas Sarkozy.

Dominique de Villepin, qui s’est posé depuis quelques mois en “alternative” au chef de l’Etat, a appelé à “un changement de politique” dans le pays, d’autant plus “indispensable”, selon lui, après la débâcle de la droite aux régionales.

“C’est l’échec d’une stratégie, le parti unique, mais aussi d’une politique”, a-t-il résumé lors d’une conférence de presse. “Aujourd’hui, tout devient division, comme si la politique était une sorte d’accordéon. On appuie sur des touches, burqa, sécurité, et hop ! on voit les sondages monter. Mais aucun parti politique ne peut gagner si la France perd. A un moment, il faut dire : la République, ce n’est pas cela. Assez des jeux, assez des combinaisons, assez des calculs”, a-t-il lancé.

“J’ai décidé de créer un mouvement politique, un mouvement libre et indépendant, ouvert à tous (…) au-dessus des clivages partisans, qui pourra rassembler toutes les bonnes volontés”, a-t-il annoncé. Il a ensuite fixé la date du 19 juin pour la naissance officielle du parti, qui n’a pas encore de nom, ni de programme.

L’idée est de proposer “des pistes”, d’apporter “une contribution tout au long de ces deux prochaines années”, avec dans le viseur l’échéance de la présidentielle de 2012.
Dominique de Villepin a balayé tout une série de sujets allant de la nation, aux institutions en passant par la justice, et fixé “trois priorités” pour l’avenir : emploi, innovation, réduction des déficits.

Pour lui, la première partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy a échoué à défendre la justice sociale. Celle-ci devait être “l’acteur fondateur de ce quinquennat”, a-t-il affirmé, et “trois ans après, je n’ai pas obtenu gain de cause”.
“On ne peut pas accepter de vivre dans un pays où des situations d’inégalité et d’injustice atteignent un tel niveau, et c’est pour cela que je suis mal à l’aise dans la politique qui est menée par la majorité”, a-t-il déclaré, ajoutant: “nous ne pouvons pas différer la réponse”.

Dominique de Villepin propose de “suspendre le bouclier fiscal”, “d’augmenter la plus haute tranche de l’impôt sur le revenu, à 45%” et “une surcote pour l’impôt des plus grandes sociétés, de 10 à 15%”. Il rejette aussi le remplacement d’un fonctionnaire sur deux : “La politique du rabot n’est jamais, en ce qui concerne l’Etat, une bonne politique”. Il propose “une charte sur les salaires pour réduire l’écart entre les revenus”, une “participation” de la base aux décisions.

Pierre Méhaignerie (UMP), président de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée, a réagit en affirmant ne croire “ni au discours, ni à l’homme. Je ne crois pas au discours parce que la vérité est dans la nuance, pas dans la caricature. Et je ne crois pas à l’homme car, dans une période difficile, on aide à construire et pas à démolir”.

L’ancien Premier minister Laurent Fabius, a lui souhaité, “d’une façon fair play”, “bonne chance” à son ex-homologue de droite. “Il n’est jamais facile de créer un parti politique”, s’est il contenté de rappeller sur France info.
Interrogé sur l’état de division de la droite, le député de Seine-Maritime a ironisé: “Je pense que son unité peut avoir encore des marges de progression”.

La vice-présidente du Front National, Marine Le Pen, a qualifié la création du mouvement de “nouvelle opération de communication vide de tout contenu politique”, “du rien dans un bas de soie”, allusion au “de la merde dans un bas de soie” lancé par Napoléon Ier à propos de Talleyrand.
Elle a affirmé que “l’annonce d’une pseudo dissidence villepiniste confirme l’état de déliquescence de la majorité présidentielle qui […] tente de nous présenter une nouvelle parodie d’alternative à droite”.

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