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Un projet de centrale nucléaire sous-marine fait polémique

Le projet de mini centrales nucléaires sous-marines présenté par le groupe français de construction navale DCNS a fait bondir jeudi l’ancien eurodéputé Verts Didier Anger.

“On est en plein délire. En cas d’accident, il n’y a pas pire que l’eau, où la pollution radioactive comme chimique se disperse” plus vite que dans l’air, a déclaré M. Anger à l’AFP.

“Toute la Manche et d’autres mers éventuelles seraient détruites ou contaminées, selon l’importance du sinistre et la dispersion par les courants”, affirme dans un communiqué le président du Crilan (comité de réflexion, d’information et de lutte antinucléaire), basé près de Cherbourg, où la DCNS construirait ces réacteurs. “Qui plus est, dans un tel cas, le réchauffement brutal des eaux provoquerait un formidable choc thermique destructeur de vie, une évaporation et une dispersion d’un nuage d’aérosols toxiques tributaire des vents”, ajoute-t-il.

Le patron des anciens arsenaux d’Etat, Patrick Boissier, dit au contraire que le réacteur bénéficierait de la “protection de la mer” car “l’eau est la meilleure barrière contre les radiations” et que c’est d’ailleurs pour cette raison que les combustibles irradiés des centrales sont stockés en piscine.

“Quand tout va bien, l’eau peut protéger si la matière nucléaire est dans un bon conteneur. Mais en cas d’accident c’est tout le contraire”, a dit M. Anger. “C’est d’ailleurs pour cela que la Grande-Bretagne avait déclenché un tollé à la fin des années 80 en proposant de stocker les déchets nucléaires en mer. Et lors de l’accident de Tchernobyl, une des premières mesures a été d’éviter que le réacteur s’enfonce et ne touche la nappe phréatique”, ajoute le militant.

DCNS a présenté jeudi dans la presse Flexblue, un mini réacteur de la forme d’un sous-marin posé au fond de l’océan, de 100 mètres de long et 15 de large de petite puissance (50 à 250 MW).

Il y a encore quelques mois, l’industrie nucléaire française plaçait tous ses espoirs commerciaux dans le réacteur nucléaire de 3e génération EPR. Mais cette grosse machine, d’une puissance de 1.650 mégawatts (MW) ne convient pas à tous les pays, notamment ceux dont les réseaux électriques sont peu développés.

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