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Un rapport gouvernemental affirme qu’Eric Woerth n’est pas intervenu dans le dossier Bettencourt

Le rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF), très attendu par la majorité pour contrer les soupçons entourant l’action d’Eric Woerth, assure que l’ancien ministre du Budget “n’est pas intervenu” dans le dossier fiscal de la milliardaire Liliane Bettencourt.

M. Woerth “n’est pas intervenu auprès des services placés sous son autorité pour demander, empêcher ou orienter une décision ou un contrôle portant sur Mme Bettencourt”, l’héritière de L’Oréal, indique le rapport.

La publication de ce rapport intervient alors que le président de la République doit s’exprimer lundi soir, sur France 2, à ce sujet.

Ses conclusions confortent Nicolas Sarkozy qui s’était dit “assez confiant” sur le fait que les inspecteurs ne trouveraient “pas de faute” imputable à Eric Woerth, aujourd’hui ministre du Travail.

Le rapport, rédigé par le chef de l’IGF lui-même, Jean Bassères, épaulé de trois inspecteurs des finances, compte douze pages, hors annexes. Une annexe, couverte pas le secret fiscal, n’a cependant pas été publiée.

Le champ de la mission était restreint, se contentant de répondre à deux questions: M. Woerth est-il intervenu dans un dossier fiscal entourant de près ou de loin Mme Bettencourt? Et l’administration fiscale aurait-elle dû procéder à un examen de la situation fiscale de Mme Bettencourt?

La réponse est négative dans les deux cas et semble ainsi dédouaner M. Woerth, alors ministre du Budget, de toute faute dans sa gestion du volet fiscal de l’affaire.

“Les conclusions de ce rapport ne sont pas étonnantes mais il ne va pas au fond des questions posées, notamment comment mieux contrôler les dossiers fiscaux complexes et sensibles”, a estimé dimanche Vincent Drezet, le secrétaire général du Syndicat national unifié (Snui) des salariés des services des impôts.

“Là, il a fallu attendre les révélations” d’enregistrements pirates pour se rendre compte que la situation fiscale de Mme Bettencourt comportait des failles, a-t-il ajouté.

Ce rapport avait été commandé le 30 juin par François Baroin, successeur d’Eric Woerth au ministère du Budget, afin de “tout mettre sur la place publique”.

Eric Woerth était soupçonné d’avoir fermé les yeux sur la situation fiscale de l’héritière de l’Oréal en raison de l’embauche de son épouse par Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt.

Les enregistrements pirates pratiqués au domicile de Liliane Bettencourt suggéraient en effet des opérations financières pour échapper au fisc menées par M. de Maistre.

M. Woerth “est très sympathique et en plus c’est lui qui s’occupe de vos impôts”, dit notamment M. de Maistre, en s’adressant à Mme Bettencourt, selon la retranscription de ces écoutes.

Par ailleurs, un contrôle fiscal subi par l’artiste François-Marie Banier, accusé d’abus de faiblesse sur Mme Bettencourt, avait laissé supposer que l’administration fiscale était au courant de possibles fraudes fiscales de Mme Bettencourt mais n’était pas intervenue.

L’IGF réfute une nouvelle fois ces soupçons en estimant que “les informations obtenues dans le cadre du contrôle fiscal de M. Banier, notamment de source judiciaire, n’étaient pas de nature à conduire l’administration à déclencher un examen de la situation fiscale personnelle de Mme Bettencourt”.

Reste à savoir si ce rapport suffira à calmer la polémique Woerth/Bettencourt qui n’en finit pas de rebondir depuis près d’un mois.

C’est du moins ce qu’espère la majorité. Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre n’a pas tardé dimanche soir à estimer que le rapport de l’IGF mettait “un terme à la suspicion volontairement entretenue à l’encontre d’Eric Woerth et à des semaines de malveillance”.

 

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