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“Un Tour difficile à contrôler”

L’ascension du Mont Ventoux à la veille de l’arrivée à Paris est la grande nouveauté du Tour de France 2009 dont le parcours, présenté mercredi à Paris, prend à contre-pied les schémas habituels. “Un Tour qui sera difficile à contrôler”. L’expression est revenue dans la bouche des nombreux directeurs sportifs présents dans la grande salle du Palais des Congrès où les organisateurs, Christian Prudhomme en tête, ont insisté dans leur propos sur le maintien du cap en matière antidopage.

“Ce n’est ni un oubli ni une erreur”, a déclaré en préambule le directeur du Tour à propos du gommage des coureurs positifs à l’EPO (Kohl, Schumacher, Ricco et Piepoli notamment), dans le film retraçant la dernière édition. “Ils n’ont rien à faire dans le grand livre du Tour“.

Après le discours d’Albert II, -le Tour 2009 s’élancera comme annoncé l’hiver dernier de Monaco,- Christian Prudhomme a présenté son bébé, le troisième depuis qu’il a pris les commandes de l’épreuve. Avec, à chaque fois, le souci de casser la routine, de ménager le suspense, et de faire référence à la prestigieuse histoire de la plus grande course du monde tout en innovant.

Le soupir d’Astana

Conséquence du départ de Monaco, à la pointe sud-est de l’hexagone où le premier contre-la-montre promet d’établir une vraie hiérarchie sur 15 kilomètres, la course suit l’arc méditerranéen jusqu’à Barcelone. Elle multiplie les temps forts dans sa première semaine, avec le retour d’un contre-la-montre par équipes (après quatre ans d’interruption) autour de Montpellier et une première arrivée au sommet, à Arcalis, dans le somptueux paysage des montagnes d’Andorre, dès le premier vendredi.

Deux autres journées pyrénéennes suivent, dosées pour minorer leur conséquences sur les favoris. Les cols ariégeois proposent cette année des pentes modérées sur la route de Saint-Girons et le Tourmalet est éloigné de l’arrivée à Tarbes, avant la première journée de repos.

“Pour l’équipe qui aura le maillot jaune à la sortie des Pyrénées, ça va être long…”, a soupiré Alain Gallopin en voyant le tracé. Le directeur sportif d’Astana, l’équipe qui promet d’être l’épouvantail du prochain Tour avec l’Espagnol Alberto Contador et peut-être l’Américain Lance Armstrong de retour à la compétition en 2009, a souligné la difficulté de tenir deux semaines encore, de bloquer la course sur autant de terrains.

“Deux épreuves de vérité”

“Je suis un peu déstabilisé par le parcours”, a reconnu Johan Bruyneel, le manager de la formation, en maintenant par ailleurs un point d’interrogation sur la présence d’Armstrong au départ d’une course que le Texan a gagnée à sept reprises (1999 à 2005). Car la tradition a été bousculée, quitte à prendre le risque d’une deuxième semaine de transition par le centre puis l’est de la France, en passant par une seule étape de moyenne montagne dans les Vosges.

Les difficultés sont réparties au maximum et le contre-la-montre est avancé de deux journées par rapport aux années passées. Selon la formule de Christian Prudhomme, “il y aura deux épreuves de vérité”. La première, le jeudi, avec le chrono tracé autour du lac d’Annecy pour l’essentiel. La seconde, le samedi, à la veille de l’arrivée à Paris, avec l’ascension du Ventoux.

“On ne sait pas ce que peut donner le Ventoux en fin de Tour“, a reconnu l’Espagnol Carlos Sastre, le vainqueur 2008. C’est exactement ce qu’a voulu le directeur du Tour qui a rappelé le renversement de situation entre les deux premiers dans le Tour 1989 (8 secondes entre LeMond et Fignon). A l’époque heureuse d’avant l’EPO.

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