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Une créatrice française séduit les plages américaines

Naïla Chbib, 28 ans, est une designer française installée à New York. Portrait d’une combattante qui “a commencé de zéro” et fait maintenant ses marques sur le marché du maillot de bain haut de  gamme.

La jeune femme au look soigné pétille d’énergie. Sirotant son chocolat chaud à la table d’un café new-yorkais, elle se hâte de parler du succès de sa marque. “On a déjà eu des commandes, et il y a beaucoup de presse autour du produit” s’exclame-t-elle avec un sourire enjoué.

C’est pendant l’été 2010 à l’occasion de la Miami Fashion Week, l’un des plus grands salons du maillot de bain aux Etats-Unis, que la marque Naïla est lancée. Le tout premier défilé pour la ligne, et c’est déjà un succès.

Naïla a baigné très tôt dans l’univers de la plage, ayant grandit sur la côte d’Azur. Petite, elle faisait du wakeboard et de la planche à voile. Inutile de dire que la Méditerranée l’a toujours influencée dans ses choix.
Malgré son attirance pour le design, elle décide d’étudier le commerce et  elle suit des cours de business dans une école américaine en Suisse qui offre des programmes d’échanges internationaux. Ensuite, sans avoir jamais étudié le stylisme, elle part pendant deux ans à la Parsons School de New York, la meilleure école de mode aux Etats-Unis. “J’étais perdue et n’y connaissais rien mais je savais que je voulais faire ça. J’ai appris à coudre, dessiner, faire des patrons.. bref, tout sur la mode de A à Z”, confie t-elle.

Après la fin de ses études, le doute s’installe chez Naïla. Retourner à Paris, ou tenter de percer à New York ? Persévérante, elle décide d’enchaîner les stages aux Etats-Unis. C’est chez Harper’s Bazaar, le plus vieux magazine de mode aux Etats-Unis, que le déclic s’est fait. “J’ai vu comment ils travaillaient, toujours au contact des dernières tendances. J’ai rencontré des stylistes connus. C’est à ce moment-là que j’ai eu envie de créer ma propre marque”. La jeune femme est ensuite engagée au Social Life Magazine où elle s’occupe de castings, du recrutement des photographes et de trouver des stylistes. Pendant ce temps, elle en profite pour réaliser son rêve.”Je commençais à créer ma ligne et mon réseau, en cherchant des fonds d’investissement, des contacts de fournisseurs… J’ai vraiment démarré de zéro”.
Perfectionniste dans l’âme, c’est elle qui dessine seule ses croquis, ses patrons, et qui choisit ses tissus avec précaution. Mais attention : pas question d’ouvrir d’usine en Chine. La coupe et la couture se font dans deux petites usines familiales, à New York et à Como en Italie. Pour Naïla, privilégier l’aspect manuel, quitte à payer plus cher, c’est respecter les traditions de ces artisans.

Quand on lui demande si le milieu de la mode n’est pas trop fermé et difficile, elle répond : “Ralph Lauren a bien commencé sa carrière en vendant des cravates et en allant frapper aux portes… Les difficultés de percer sont les mêmes partout. Il suffit d’en vouloir.”. Aujourd’hui, la jeune femme aime les défis et ne se voit pas travailler dans un bureau. Malgré sa douceur et son apparente timidité, elle se force à aller au contact des gens. “Je suis assez forte. Mes parents m’ont toujours poussée à me dépasser”. New York l’a aussi aidée à acquérir du caractère.”C’est une ville très compétitive. Il y a beaucoup de grandes marques sur le marché, il faut savoir se démarquer”.

L’originalité de sa marque est en effet à l’origine de son succès. Celle-ci est la seule à utiliser des tissus “eco friendly”, recyclés avec des bouteilles en plastique, et qui ont l’avantage de sécher très rapidement. “Je voulais faire quelque chose de différent, utiliser des fibres de qualité qui n’existent pas sur le marché”. Naila dispose d’un grand intérêt pour la nature et ne mange que bio. Ses maillots de bain sont posés sur des cintres en Bambou, et ses business cards sont en papier recyclé.

La marque a déjà son emplacement dans sept boutiques multimarques dans le monde, dont une dans les Caraïbes, Porto Rico, Miami, et Dubai. Prisant la qualité et les coupes recherchées, elle vent ses maillots de bain de 80 à 300 dollars pour les femmes, et de 100 à 200 dollars pour les  hommes. Le style est assez moderne et vise un public de 20 à 45 ans.

Ses projets: travailler sur un nouveau produit, le “magic suit” qui aplatirait le ventre et affinerait la silhouette des femmes.  Son rêve : avoir une ligne complète avec du prêt-à-porter et des accessoires. Par la suite, ouvrir une boutique à Paris, Saint-Tropez et pourquoi pas à New York. La jeune femme n’a qu’une date en tête : juillet 2011, où le salon mondial des professionnels du maillot de bain en France, le Mode City, serait l’occasion pour elle de se faire remarquer et d’ouvrir sa première boutique française.

Infos pratiques:

Site professionel de Naila: www.naila-collection.com

Défilé homme du fashion week:

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