Subscribe

Une nuit en Kabylie avec Idir

Le Maghreb sera à l’honneur samedi soir au Lincoln Center. Deux artistes phares de la scène nord-africaine, le chanteur algérien Idir, et la Marocaine Najat Aatabou, se produiront pour la première fois aux États-Unis. Rencontre avec la voix berbère, Idir, avant son concert inédit.

Le temps d’un concert, Idir et Najat Aatabou feront oublier aux amoureux de la musique nord-africaine, les milliers de kilomètres qui séparent les États-Unis du Maghreb. « Je veux juste apporter un peu de rêve et de voyage aux gens de la communauté et aux curieux qui viendront nous voir », lance Idir d’une voix timide.

Sa voix, sur scène, est comme dans la vie, paisible telle une berceuse. Grâce à ce concert au Lincoln Center, Idir effectuera son premier séjour aux États-Unis. « Je ne connais que des petits bouts d’Amérique à travers les films. Je me suis beaucoup documenté afin de connaître l’histoire de ce pays », explique le chanteur berbère, âgé de 60 ans.

Ce qu’il connaît le mieux, c’est sa Kabylie natale et sa musique qu’il transmettra samedi soir au public. Pour toucher le cœur des non-berbérophones, une traduction en anglais de ses textes sera présentée avant chaque interprétation. « Je ne vais pas chanter en anglais, mon niveau est trop calamiteux », plaisante-t-il.

Samedi soir, guitares, flûtes et derbourkas s’entremêleront dans chacune de ses balades pour raconter une histoire comme dans son tube planétaire « I Vava Inouva » qui a été traduite en 15 langues et diffusé dans 77 pays. « Le thème de cette chanson est assez simple. C’est la description d’une ambiance lors d’une soirée au coin du feu au temps où la télévision et radio n’existaient pas », raconte le chanteur.

L’immigration, l’exil, l’identité sont des thèmes chers à l’artiste algérien qu’il a souvent abordés en collaboration avec de nombreux artistes de variété française. Il a réalisé des duos avec Corneille, Yannick Noah, Nadiya, Zaho… et Jean-Jacques Goldman lui a même écrit des chansons. « Pour moi, les États-Unis, c’est l’exemple même d’un pays en constante évolution et d’un peuple qui va de l’avant. En Europe, on est plus conservateur et donc plus cloisonné dans notre culture », estime l’artiste avant d’ajouter qu’en ce qui le concerne : « J’ai la chance d’avoir deux pays, l’Algérie et la France. »

Contrairement aux milliers d’Algériens de plus en plus nombreux à immigrer en Amérique du Nord, Idir n’a jamais rêvé de s’installer ou de faire carrière aux États-Unis. « Je n’imagine même pas me lancer ici. Il y a tellement peu d’artistes étrangers qui peuvent se targuer d’avoir réussi. Je vais rester seulement trois jours à New York. Hormis le concert, je vais juste flâner dans les rues. Je n’ai pas besoin de visiter les monuments, car je les ai déjà vus à la télé »,  conclut sagement le chanteur.

Infos pratiques

A Night in the Maghreb

8pm
Lieu : New York City, Avery Fisher Hall, Broadway and 64th Street
Prix : $30, 40, 50
Website: www.lincolncenterfestival.org

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related