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Une rentrée littéraire d’hiver frileuse côté premiers romans

Beaucoup de plumes confirmées sont en piste pour la rentrée littéraire d’hiver qui s’annonce foisonnante, avec 510 titres en janvier et février, mais peu audacieuse, avec moins de 50 premiers romans, le niveau le plus bas depuis neuf ans.

Pas de gros coups médiatiques de type Michel Houellebecq non plus pour cette “rentrée bis”, mais des auteurs attendus comme Christine Angot, Alexandre Jardin, Philippe Sollers, James Ellroy ou John Irving. C’est aussi un tremplin pour les écrivains jugés – à juste titre ou pas – “non goncourisables” et qui ont sagement attendu l’après-fêtes de fin d’année pour paraître, ou qui n’étaient pas prêts à l’automne, explique un éditeur.
Côté chiffres, la production de romans français est relativement stable par rapport à janvier-février 2010 avec 329 titres (plus 1,5%). Le domaine étranger reprend des couleurs avec 180 romans programmés début 2011, selon les données du magazine spécialisé Livres Hebdo.

En revanche, les éditeurs jouent la prudence et le nombre de premiers romans recule de plus de 30% par rapport à 2010, avec 49 nouveaux titres. L’hiver dernier avait vu éclore 491 ouvrages dont 73 premiers romans et 167 étrangers.

Nouvelle année, nouvel Angot, avec “Les petits”. Elle y raconte la séparation d’un couple vue sous l’angle des enfants. Ce livre signe aussi son retour chez Flammarion, deux ans après “Le marché des amants” (Seuil) dans lequel elle décrivait sa liaison avec Doc Gyneco. Hélène et Billy se sont aimés, ont eu quatre enfants, se sont éloignés puis déchirés. Plus durassienne que jamais, Angot passe au crible cette guerre amoureuse et familiale, écrivant à la troisième puis à la première personne du singulier. “Un roman qui se fera assassiner par les amis de Christine Angot et encenser par ses ennemis”, promet le malicieux Frédéric Beigbeder.

Famille encore avec “Des gens très bien” (Grasset), le nouveau roman d’Alexandre Jardin, qui ausculte le parcours de son grand-père, Jean Jardin, directeur de cabinet de Pierre Laval de mai 1942 à octobre 1943. L’auteur du “Roman des Jardin” (2005) convoque des souvenirs difficiles. Son père Pascal avait déjà dressé un portrait intime du “Nain Jaune” en 1978.

Philippe Sollers livre “Trésor d’amour” chez Gallimard, un hymne à Minna rythmé par Stendhal, dont la belle Italienne est spécialiste, avec Venise pour décor de leur idylle.
La passion pour une femme, les blessures de l’âme et la violence au coeur de la Russie soviétique tissent “Le livre des brèves amours éternelles” (Seuil) de l’écrivain russe de langue française Andreï Makine, prix Goncourt et Médicis.

Mathieu Lindon a compris lui aussi “Ce que aimer veut dire” (P.O.L), un ouvrage où il convoque tous les hommes de sa vie, de Michel Foucault à Samuel Beckett ou Jérôme Lindon, son père, fondateur des éditions de Minuit. Ce sont les femmes qui nourrissent l’obsession de James Ellroy dans “La malédiction Hilliker” (Rivages) qu’il définit comme “un manifeste romantique”, autour de la première d’entre elles, Geneva Hilliker, sa mère, puis de ses épouses et amantes. Avec son humour britannique irrésistible, Jonathan Coe campe lui dans “La vie très privée de Mr Sim” (Gallimard) le portrait d’un loser, représentant en brosses à dents, qui tombe amoureux de la voix de son GPS.
Enfin, c’est le grand retour de John Irving, avec une fresque extravagante, “Dernière nuit à Twisted River” (Seuil), l’histoire d’un père et de son fils qui fuient un shérif psychopathe sur fond de nature américaine… et d’amour de la cuisine, avec quelques échos de son livre culte, “Le monde selon Garp”.

 

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