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Une start-up française à la découverte du marché de l’éolien américain

Les lauréats du programme Netva, qui aide les dirigeants des start-up françaises à s’intégrer au marché américain, sont actuellement en stage en Californie. Dans la Silicon Valley, des Français comme Thibault Gouache, de la société Cornis, découvrent l’écosystème local et rencontrent des partenaires potentiels.

Pour la première fois cette année, le programme Netva du consulat de Boston s’étend à San Francisco. Conçu par la Mission pour la Science et la technologie (MS&T), il permet à dix entreprises françaises (cinq sur la côte est et autant sur la côte ouest) d’être coachées en vue d’une  intégration du marché américain.

Les jurys du concours Netva ont pour tâche de repérer les jeunes entreprises qui développent un produit innovant, potentiellement intéressant pour le marché américain. L’antenne californienne se concentre davantage sur des start-up dans le domaine des technologies dites propres. Ainsi, parmi les lauréats du concours 2012, en stage sur le continent américain, l’entreprise Cornis s’intéresse à l’éolien.

“Nous développons une technique de prise de photo haute résolution qui permet de détecter les défauts et le vieillissement des pales d’éoliennes”, explique Thibault Gouache, co-fondateur de Cornis avec Baptiste Coulange. L’entreprise n’a que neuf mois et compte quatre personnes. Ses créateurs, anciens étudiants de Polytechnique, ont lancé le projet aussitôt leurs thèses respectives terminées.

“Aujourd’hui, la surveillance des pales d’éoliennes se fait avec des longues vues, par exemple. Et on ne prend de photo que quand il y a un problème”, explique Thibault Gouache, 28 ans. “Nous, on fait des photos en permanence et on a établi un algorithme qui permet de recomposer ces photos, de manière à ce que l’observateur puisse regarder tout ça depuis son ordinateur, bien au chaud.”

En quête de partenaires américains

Voilà près de six mois que la petite équipe spécialisée dans l’aérospatial met ses compétences au service de l’éolien, en collaboration notamment avec le Centre national d’études spatiales (CNES), soit la Nasa française. Or, “les Etats-Unis étaient, jusqu’à il y a quelques mois, les plus grands producteurs d’énergie éolienne”, remarque le fondateur de Cornis, qui précise que la Chine vient d’atteindre la première place du podium. Autrement dit, le marché américain est essentiel pour leur développement. Il semblait un objectif lointain pour Thibault et Baptiste, jusqu’à ce que Cornis soit sélectionné pour le programme Netva.

Après un séminaire en juillet au siège de Microsoft France, les cinq lauréats de Netva sont cette semaine sur le terrain, à San Francisco, pour un stage qui leur permet de découvrir le réseau local. “Je pense qu’on va chercher un partenaire pour faire notre distribution aux Etats-Unis”, avance Thibault, qui n’envisage pas encore que l’entreprise ait une antenne américaine. “Il faut passer par là pour attaquer le marché américain.” Pour ce qui est de l’échéance, l’entrepreneur a du mal à l’évaluer : “la temporalité est très différente ici, certaines choses qui prennent une éternité en France vont très vite ici et à l’inverse il y a des démarches rapides chez nous qui traînent ici.”

Ayant grandi dans l’Iowa et l’Illinois pendant huit ans, Thibault Gouache est parfaitement bilingue, ce qui facilite ses échanges avec de potentiels clients et partenaires. “La Silicon Valley, c’est une autre échelle. Il y a une belle puissance de frappe et une envie d’innover.” Fin septembre, le produit phare de Cornis sera testé chez deux clients pilotes en France. Si tout se déroule bien, ces exemples pourront servir de demonstration pour les partenaires américains.

 

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