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Une voix d’espoir pour conjurer les ténèbres de l’Histoire

Née en Allemagne de parents juifs dans les années 30, Sonia Korn-Grimani a subi les persécutions, les traques et les exils forcés. Pourtant, cette vie si brutalement entamée n’a pas été marquée du sceau de la fatalité. Tour à tour cantatrice, speakerine et professeur de français, Sonia Korn-Grimani a su transcender l’horreur pour se construire une vie épanouie autour du monde. Elle revient sur son enfance brisée par les abominations du nazisme et les heureux rebondissements de sa vie dans Un Chant d’Espoir, autobiographie pudique et déchirante que l’auteur signera à l’Alliance française de San Francisco le 10 juin.

« J’avais besoin d’écrire pour arrêter d’en parler », explique-t-elle, s’excusant périodiquement de s’attarder sur l’histoire douloureuse de sa famille, comme s’il s’agissait d’un radotage anodin de grand-mère sénile. Elle ne se rend pas compte à quel point chacun de ses mots noue les entrailles et donne le vertige. On a beau connaître l’Histoire avec un grand H, celle de cette toute petite fille qui s’éveille au monde dans cette barbarie organisée nous replace brutalement dans la réalité quotidienne d’une famille déchirée par la peste brune.

À l’âge de 7 et 10 ans, Sonia et son frère sont officiellement déclarés ennemis de l’État allemand, et susceptibles d’être déportés. Leur mère les envoie immédiatement en Belgique, les pensant à l’abri. Mais après l’invasion de la Belgique par l’armée allemande, elle doit se résoudre à les confier à un orphelinat où les enfants juifs sont convertis au catholicisme. Séparés de leurs parents, accablés de faim et de froid, les enfants vivent dans des conditions de misère extrême. « La seule chose positive, se souvient Sonia, c’était quand nous allions chanter à l’église ».

Cette ferveur pour le chant l’accompagnera toute sa vie. Du conservatoire de musique de Paris, jusqu’à son émigration en Australie après la guerre où elle donne de nombreux concerts. Employés d’organisations internationales comme l’UNESCO, Sonia et son mari parcourent le monde. De la Malaisie au Venezuela, en passant par le Chili, la chanteuse vit des aventures mémorables, comme lorsqu’elle devient professeur de français de la reine de Malaisie. Mais c’est à Paris que son cœur est resté attaché. En 1968, son rêve se réalise enfin, lorsque son mari est muté dans la capitale. Elle n’a plus quitté sa ville d’adoption depuis, même si elle séjourne désormais la moitié de l’année à San Francisco. Son dévouement à l’enseignement du français a été récompensé à deux reprises : en 1989, lorsque le gouvernement français la nomme chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques puis en 1996, lorsqu’elle est promue Officier.

Infos pratiques :
Un Chant d’Espoir, de Sonia Korn-Grimani
Livre disponible sur le site de l’éditeur L’Harmattan
Lecture d’extraits et signature de Un chant d’Espoir, avec Sonia Korn-Grimani
Le jeudi 10 juin à 18 h 30, à l’Alliance Française de San Francisco, 1345 Bush st.

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