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USA : un élu républicain présente ses excuses pour ses propos sur le viol

L’élu républicain qui a provoqué un tollé aux Etats-Unis en affirmant qu’une femme victime d’un “véritable viol” tombait rarement enceinte a présenté mardi ses excuses dans un clip vidéo sous la pression de son parti.

Le représentant ultraconservateur du Missouri (centre) Todd Akin apparaît dans un clip de 30 secondes où il lance, le regard sombre à la caméra : “Le viol est un acte abominable (…) J’ai utilisé les mauvais mots de la mauvaise façon et, pour cela, je présente mes excuses”. Akin, membre de la commission des Sciences de la Chambre des représentants, avait affirmé dimanche sur la chaîne KTVI : “De ce que j’entends de la bouche des docteurs, la grossesse après un viol est très rare (…). S’il s’agit d’un véritable viol, le corps de la femme essaie par tous les moyens de bloquer tout ça”.

Des propos qui avaient scandalisé la classe politique, jusque dans les rangs de son propre parti, et poussé l’élu à revenir sur ses propos et présenter une première fois ses excuses lundi. Dans le clip diffusé mardi, il ajoute: “En tant que père de deux filles, je réclame la justice pour les prédateurs; mon coeur est plein de compassion pour les victimes d’agressions sexuelles et je prie pour elle”. Sa déclaration initiale a remis en lumière la question de l’avortement, sujet permanent de conflit aux Etats-Unis, exacerbé par les enjeux électoraux de la présidentielle de novembre. Sa propre candidature au poste de sénateur des Etats-Unis pour le Missouri semble, elle, remise en question.

Saisissant la balle au bond, le président Barack Obama a jugé ces déclarations “choquantes” : “L’opinion exprimée (par M. Akin) est choquante. Un viol est un viol”, a-t-il affirmé lors d’un point presse à la Maison Blanche. Son rival Mitt Romney n’a pas été en reste : les déclarations de M. Akin sont “insultantes, inexcusables et franchement, fausses. Comme des millions d’Américains, je les trouve insultantes”, a-t-il déclaré au National Review Online. Lundi, la presse publiait une étude de 1996 du Journal américain de gynécologie et d’obstétrique, indiquant que 32.101 grossesses (soit 5% des grossesses) avaient été issues d’un viol. Selon un rapport de 2011 de l’Association américaine des Obstétriciens (ACOG), chaque année, “entre 10.000 et 15.000 avortements suivent une grossesse après un viol ou un inceste”.

Les déclarations de M. Akin sont “scandaleuses, insensibles et mal informées”, a indiqué à l’AFP Brenda Smith, professeur de droit à l’American University de Washington, spécialiste de la loi et du viol, mais selon elle l’élu du Missouri “croit à ce qu’il dit et beaucoup de conservateurs le croient”. Les associations anti-avortement s’en sont d’ailleurs immédiatement saisies pour brandir leur drapeau. L’association anti-avortement FRC (Family Research Council) a rappelé lundi que “pendant ses 12 ans au Congrès, Todd Akin a soutenu les lois qui honorent la vie humaine”.

“Personne ne conteste que le viol soit un crime abominable”, a affirmé l’organisation Susan B. Anthony, mais les opposants “utilisent le sujet comme un rideau de fumée pour cacher leurs bilans pro-avortement”. Les sites internet militants ironisaient au contraire, rappelant d’anciennes déclarations républicaines du même acabit : l’élu Henry Aldridge estimait en 1995 que les “fluides ne coulent pas” quand les femmes sont “vraiment violées” et son collègue Stephen Freind croyait savoir en 1988 que la femme violée produisait “une certaine sécrétion” qui empêchait la grossesse, rappelait buzzfeed.com.

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